Beware ! Le TAG - Tag and Graff - quitte la rue pour le Grand Palais ! Cette pratique artistique, différente s'il en est, est-elle en train de conquérir ses galons de respectabilité ?Jusqu’au 26 avril, découvrez en première mondiale la collection Gallizia : 300 œuvres issues de la rencontre de 150 artistes internationaux révélés entre 1989 et 2009.
Underground ou reconnus, tous se sont pliés au même exercice : graffer l’Amour sur une toile !
A l’origine de l’exposition : un collectionneur, Alain-Dominique Gallizia et le projet fou de commander à 150 artistes une double toile de 60 cm de haut sur 180 cm de large. A gauche de la toile : le tag, la signature de l’artiste. A droite : le graff, la fresque amoureuse. Convoqués dans l’atelier du collectionneur à Boulogne, « endroit de rencontre et de production », les artistes avaient 3 jours pour laisser libre court à leur créativité.
Le résultat ? Une explosion de couleurs ! A mi chemin entre la BD et la rétrospective typographique, TAG nous dévoile un panorama de l’énergie de la rue. Le tout dans une galerie de 700 m² sous verrière, fraîchement ré-ouverte pour l’occasion, qui affiche avec fierté le témoignage avant gardiste d'un mouvement artistique éphémère méconnu du public.
Mais le TAG. dans tout ça ? Cet art graphique baptisé « street art », « art brut » par Brassaï, ou simplement « art clandestin » n’est-il pas totalement dénaturé par cette exposition de commande ?
Apparu dans les années 70 dans les villes délabrées d'Amérique du Nord, le tag était à l'origine une revendication identitaire. Un des premiers taggeurs, Taki 183, fit la une du New York Times le 21 juillet 1971. Ce facteur laissait son empreinte sur chacune de ses adresses de livraison.
Des murs au métro, le tag a fait place au graff. Un de ses adeptes les plus illustres, Basquiat, surnommé à l’époque SAMO (Same Old Shit) graffait dans les bas-fonds de Manhattan. Un hommage lui est rendu à l'entrée de l'exposition : une toile de Toxic, son acolyte avec qui il fonda, avec Rammellzee, les Hollywood Africans. Assimilé au mouvement hip hop, le mouvement a déferlé en Europe gagnant petit à petit sa place dans les galeries.
Sans entrer dans les débats sur le vandalisme et la propriété public qui sont punis par le Code Pénal (les amendes allant de 1500 € à 30 000 €!), le graffiti demeure un art contextuel. C’est une quête ultime de l’artiste liée à un instant, un lieu et une pulsion créatrice. Qu’il soit réalisé au marker, à la bombe, au pochoir, avec des mosaïques (Space Invaders) – cet art éphémère reste avant tout un moyen d'expression. « Graffiti is not vandalism but a beautiful crime » revendiquait Bando dans les rues de Paris.Certes l'’exposition dénature l’acte créatif en l’assimilant au Pop Art. Elle en supprime l'aspect « arrash ». Mais elle n'en renie pas l'essence : délivrer un message rapide et efficace. Ainsi, des messages d’amour « Love is Life » (Butch 2), « Letter be love » (Shoe),calligraphiés, imagés nous présentent non pas l’histoire du graffiti mais une histoire : la déclinaison par des designers de la lettre d'un thème universel : l’Amour.
Petit clin d’œil : observez bien les toiles. Vous remarquerez que certains artistes ont apposé leur tag sur le graff d'un mur, d'un train. Même l'affiche de l'exposition est taggée!
TAG
du 27 mars au 3 mai 2009
Grand Palais
Entrée principale – porte H
Avenue Winston-Churchill
75008 Paris
Ouvert tous les jours de 11h à 19h
Nocturne le mercredi et le samedi jusqu'à 23h
Tarifs : 5 € / 3€ (Tarif réduit : étudiants, demandeurs d’emploi)
http://www.tagaugrandpalais.com/
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