TDM : Dans quelles circonstances avez-vous choisi votre métier ?
J’ai souhaité changer d’orientation professionnelle à la suite de la naissance de mes enfants.
J’étais bénévole pour une association de soutien à l’allaitement maternel et j’ai découvert
que ce domaine me plaisait beaucoup. J’ai alors décidé de passer le diplôme de consultante
en lactation pour en faire mon métier, tout en sachant que personne à ma connaissance ne
s’était installé en libéral, sans être professionnel de santé en France. Je faisais donc un pari sur
l’avenir. C’est un diplôme international. Les pré requis pour pouvoir se présenter à l’examen
sont lourds, j’ai donc eu besoin de trois ans pour pouvoir me présenter et obtenir le diplôme
de consultante en lactation certifiée IBCLC.
TDM : Après la formation, comment s'est passé le démarrage de votre activité ?
J’avais déjà prévu depuis longtemps ce que je voulais faire, j’ai donc démarré rapidement. J’ai
eu ma première consultation le mois suivant l’obtention de mon diplôme. J’ai fait le tour de
tous les hôpitaux ayant une maternité et/ou un service de néonatalogie dans ma région pour
me présenter et décrire mon activité. L’accueil était parfois chaleureux, parfois moins mais
je ne me suis pas découragée. J’ai aussi rencontré tous les services de PMI de ma ville, ainsi
que les pédiatres. Tout cela prend du temps mais je savais que c’était nécessaire. J’ai aussi
développé mon site internet.
Au début, j’ai eu une ou deux consultations par mois pendant quelques mois puis le nombre
de consultations a augmenté doucement mais sûrement, ce qui me permet aujourd’hui de
vivre de mon métier. Bien sûr, j’ai toujours l’ambition de continuer à développer mon activité.
TDM : Le plus difficile ?
Ne pas se décourager. Il faut du temps pour se faire connaître et je ne peux pas me faire une
clientèle régulière. Je rencontre la plupart des femmes une fois, parfois deux. Je dois sans
arrêt renouveler ma clientèle et je ne sais jamais quel sera mon chiffre d’affaire du mois.
Autant dire qu’il ne vaut mieux pas être anxieuse…
TDM : Les avantages ?
Je suis entièrement responsable de mes réussites et de mes échecs. Je travaille de la manière
qui me convient, avec les horaires qui me conviennent. Ceci dit, si je veux que mon activité
fonctionne, je ne dois pas être avare de mon temps de travail. J’ai des semaines très lourdes en
nombre d’heures travaillées, je ne prends des vacances qu’une fois par an. Mais si je décide
que je veux être libre tel jour à telle heure pour être avec ma famille, c’est possible. Cela me
permet de développer mon activité tout en étant souvent présente pour mes enfants.
TDM : Comment réussissez à "recruter" de nouvelles futures mamans ?
Cette expression me fait sourire : je n’ai pas l’impression de recruter qui que ce soit. Je
cherche à ce que les femmes qui ont besoin de mes services connaissent mon existence.
Ensuite libre à elles de faire appel à moi ou pas. Tout mon travail de fond va dans ce sens :
être présente sur internet, que les professionnels de santé me recommandent, que le bouche à
oreille fonctionne.
TDM : Réussissez-vous à en vivre ?
Oui. Je veux réussir à en vivre encore mieux mais après 5 ans et demi d’activité, le bilan est
satisfaisant. Le chiffre d’affaire augmente petit à petit.
TDM : Inciteriez-vous des femmes ou des hommes à choisir votre métier ?
Pourquoi pas ? D’ailleurs je reçois souvent des stagiaires durant mes consultations. C’est un
métier difficile mais valorisant. Nous ne sommes pas assez nombreux actuellement et nous
manquons d’hommes. Je suis sûre que la profession gagnerait à plus de mixité.
Ce qui fait la richesse de ce métier, c’est la diversité de toutes les personnes qui l’exercent :
certaines sont médecins, infirmières, puéricultrices ou sages-femmes mais d’autres sont
biologistes ou ont exercé un tout autre métier avant de passer ce diplôme. Toutes ont quelque chose à apporter à la profession qui peut profiter de ces expériences variées.
TDM : Quels conseils donneriez-vous à ces femmes ou à ces hommes ?
Être prêt à investir beaucoup de temps pour développer son activité.
Ne pas croire que l’on va en vivre la première année.
Prendre le temps de faire des consultations longues car l’écoute des femmes est une partie très
importante de ce travail.
Ne pas chercher à faire la promotion de l’allaitement mais se concentrer sur ce que chaque
femme souhaite pour elle et sa famille.
Se lancer si c’est vraiment ce qu'ils souhaitent faire au quotidien.
Pour contacter ou suivre le travail de Véronique, vous pouvez lire :
www.lactissima.com/blog
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