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| Sommes-nous libres de devenir des mères médiocres ? |
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Ou pire, de ne pas être mère du tout. Finalement, à en croire Elisabeth Badinter, de moins en moins. Retour à la nature oblige, une femme se doit de devenir une mère qui donne le meilleur à son enfant. Le "moi d'abord" des premières féministes, laisse la place à l'injonction suprême : bébé d'abord. Dans Le conflit la femme et la mère, Elisabeth Badinter voit à travers le bébé "le meilleur allié de la domination masculine". L'écologie et la psychologie serviraient ce retour des femmes à la maison sous fond de crise économique.Si la polémique que cette publication a suscité témoigne de la grande vitalité du féminisme et pose la question de la maternité émancipée, elle montre aussi la difficulté persistante pour nos intellectuels d'envisager le discours écologique en dehors d'un naturalisme.
Naturalisme et écologie : ne pas confondre
Elisabeth Badinter s'inscrit dans l'idéologie dominante : l'homme doit toujours conquérir et maîtriser la terre grâce au progrès scientifique puisque c'est l'expression de sa liberté. Par exemple, quand elle parle de la chimie : "On oublie tout ce qu'on lui doit (notamment l'allongement de notre espérance de vie) pour la soupçonner du pire". Pour la philosophe, l'écologie est un véritable renversement des valeurs. "Tous nous pressent de rétablir l'harmonie brisée entre l'homme et la nature. Insensiblement, cette dernière a pris le statut d'autorité morale dont on admire la simplicité et la sagesse" nous explique-t-elle.
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Et nous les femmes, nous avons du boulot !