Si le luxe est un monde de rêve, de liberté totale, de créativité sans limite, d'excellence ... comment peut-il s'allier au développement durable, synonyme de contraintes écologiques ? C'est en tout cas le parti pris de la deuxième édition du salon 1.618 consacré au luxe durable qui se termine aujourd'hui 10 mai, au Palais de Tokyo.Qu'est-ce que le luxe ? Bien des marques de ce secteur suivent de telles contraintes de coûts qu'elles ne peuvent tout simplement pas s'en réclamer. Le prix final est aussi élevé que l'absence de contraintes. Savoir-faire artisanaux, recherche de l'innovation, de la durabilité, du plaisir ...
Le luxe se nourrit de la rareté, il a donc tout intérêt à la préserver, il ne peut donc accepter de participer au massacre de la planète. Or, les produits de luxe s'adressent à une clientèle qui a les moyens de payer le surcoût occasionné, au final assez dérisoire. C'est ce que nous explique Christine Pejaudier, directrice du Lit National, entreprise fondée par son grand-père. "J'ai décidé de faire les coutils de tous mes matelas en coton biologique par conviction et parce que finalement pour une entreprise artisanale comme la mienne, le surcoût que cela représente, est dérisoire si on joue le jeu. Car utiliser du coton biologique ce n'est pas un simple gadget pour augmenter ma marge. Nous fabriquons de la literie haut de gamme sur mesure depuis 1909. Notre savoir-faire repose sur la préservation de métiers traditionnels et sur des relations avec des fournisseurs exemplaires. Depuis 5 ans, le développement durable accompagne cette démarche. Nous essayons d'éliminer au maximum les produits toxiques, les matériaux les plus impactant pour respecter l'environnement, pour respecter nos équipes et nos clients."

Cet amour du travail magnifiquement fait, si éloigné du jetable, serait la quintessence du luxe et le relierait avec force au développement durable ? Rien à voir avec le superflu donc. Pourtant, le luxe est en général ce dont nous n'avons pas besoin. Encore plus déraisonnable dans un monde qui consomme au dessus de ses moyens ? Ne devons-nous pas y renoncer pour rechercher la sobriété ?
C'est plus la richesse qui est à reconsidérer. Car l'art de la sobriété n'implique pas forcément l'austérité. Vivre sa vie d'une manière plus intense nous oblige à savourer chaque instant. Et vivre simplement, ne veut pas dire vivre sans plaisir : mieux vaut être entouré de peu d'objets de qualité que d'être encombré d'une multitude sans. Le vrai luxe est peut-être ailleurs. Dans le temps que l'on prend. Dans l'argent que l'on choisit de ne pas gagner. Pour vivre sa vie pleinement.
Loin des salons traditionnels, 1.618 au Palais de Tokyo vous fait déambuler parmi des objets de luxe durables et une expo d'art contemporain "Panorama".
De quoi, rêver et vous poser des questions sur les liens entre luxe et développement durable.
Du 6 au 10 mai. Au Palais de Tokyo. Entrée 18 euros.
www.1618-paris.com
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