
Vous pensiez connaître Tarzan sur le bout des doigts? Et bien détrompez-vous!
Du 16 juin au 27 septembre, le roi de la jungle va vous surprendre. En débarquant au Musée du quai Branly, Tarzan! dévoile enfin l’envers de son pagne. Entre héros rétro ou homme-singe écolo, notre coeur d’enfant balance ...
Le saviez-vous ? Tarzan est né en 1912 dans Tarzan of the Apes. Son père ? Edgar Rice Burroughs était un romancier américain à l’imagination débordante. Proche des théories du darwinisme et certainement influencé par le Livre de la Jungle (1894) de Rudyard Kipling, il inventa John Clayton III, Lord de Greystoke alias Tarzan. Souvenez-vous... C’est l’histoire d’un enfant qui naquit sur la côte africaine. Ses parents, débarqués par des mutins vivaient alors dans une cabane. L’accouchement emporta la mère. Kerchak, une guenon qui venait de perdre son petit, acheva le père et emporta l’enfant dans la jungle. Tarzan était né.
L’aventure pouvait commencer. Et quelle aventure ! Une épopée médiatique de près de cent ans retracée par Roger Boulay, anthropologue et commissaire de l’exposition.
Tarzan ! ou Rousseau chez les Waziri décrypte l’histoire de cette légende ancrée dans la vision occidentale d’une Afrique imaginaire (rappelons que le romancier n’y avait jamais mis les pieds!). L’exposition s’articule en neuf axes : Tarzan et son auteur, la genèse du héros, la jungle, le ciné-jungle, l’Afrique, les 12 travaux de Tarzan, le sauveur de la jungle, le héros nus et les robots et, finalement, le fils de mère nature. Sur les murs, des comics strips de Burne Hogarth reproduisent en grandeur nature les péripéties et la musculature d’acier du héros. Tarzan nous invite dans son antre, un cabinet de curiosité regorgeant d’objets à son éffigie : des posters, des figurines, des planches de BDs, des animaux naturalisés, des livres, des photographies sans oublier les scènes ontologiques de Tarzan au cinéma à déguster sans modération!
Ce culte de la personnalité place Tarzan au rang de mythe : mythe du bon-sauvage défendu par JJ Rousseau, du retour à la nature, au fondement des identités des peuples. Un fantasme collectif développé par Edgar Rice Burroughs dans plus de 26 ouvrages, réinterprété par 13 dessinateurs dans 15 000 BDs, sans oublier les 46 long métrages, les séries TV...
Ce qui choque avant tout dans Tarzan ! c’est l’évolution symbolique du personnage. Figure de la vision occidentale d’une Afrique sauvage, Tarzan, qui signifie “homme blanc” dans le langage des singes, véhicule les images de la rupture entre sauvage et civilisé, Nord et Sud, blancs et noirs. Avec la crise de 29 et la perte des idéaux, son personnage se focalise sur la nature. On voit alors Johnny Weissmuller, champion de natation, enfiler son plus beau pagne pour faire la réclame des bienfaits d’un monde vert et sans argent. Héros des temps modernes, certes kitschissime, figure antique proche d’Heracles, Tarzan lutte contre le Mal en défenseur de la forêt. Il devient alors le premier héros écolo, une sorte de super DD, qui utilise les forces de la nature pour combattre les trafiquants, les compagnies forestières. Il va même aller jusqu’à rejeter la civilisation du progrès en terrassant un robot à New York aux côtés de Superman et Batman dans Metropolis de Fritz Lang (1927)!
La morale de l’histoire ? Tarzan qui peut tout avoir, des plus belles femmes à la soumission des bêtes les plus féroces, abandonne la civilisation retrouvée, pour retourner vers le Vrai : la nature et son cri. Une légende à méditer!
Tarzan! Ou Rousseau chez les Waziri
Du 16 juin au 27 septembre 2009
Musée du quai Branly
Mezzanine Est
37 quai Branly
75007 Paris
http://www.quaibranly.fr/
Prix : 7 € (tarif plein) / 5 € (tarif réduit)
Mardi, mercredi, dimanche de 11h à 19h
Jeudi, vendredi, samedi de 11h à 21h
Réservations : 01 56 61 72 72
Autour de l’exposition Tarzan! :
Parcours pour enfants, conférences, cycle de cinéma, Jardin du Musée...
Renseignements : http://www.quaibranly.fr/fr/programmation/expositions/a-l-affiche/tarzan/index.html




