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| L'épilateur électrique est-il un préalable à toute déclaration d'amour ? |
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"L’épilateur électrique est un joli petit objet rose que l’on tient au creux de la main. Pas besoin d’aller au sex-shop pour se le procurer. D’ailleurs, une fois déballé, le fil électrique est trop court. Si bien que l’épilation des jambes s’opère à quelques centimètres d’une prise de courant. Soit couchée sur un drap de bain, soit la jambe au-dessus du lavabo ou de la baignoire.
Mais d’abord, toute cette résignation en marche vers l’échafaud...
Celle de la femme assujettie au mari ou à l’amant qu’elle refuse de voir électrocuté dans les fils barbelés de ses cuisses . Par altruisme ? Assurément dans le cas de l’amant ; pour le mari, c’est possiblement l’artifice idéal pour cacher l’existence du sus-nommé. En attendant, la femme souffre et mesure sa volonté à l’épaisseur de son pelage. Déjà, l’épilateur produit un bruit de fraise de dentiste. Et l’approcher du tibia permet d’appréhender l’étendue de la mise à blanc. Et le courage de penser s’épiler, puis de brancher l’épilateur, ensuite de penser l’approcher de la cheville, puis de l’en approcher, enfin d’entrer dans le vif du sujet dans une grimace, un cri, une contraction.
Comme dans une scène d’horreur, l’objet rose et moulé se transforme en monstre ravageur. Sauf si le poil est trop fin ou, au contraire, luxuriant au point de bloquer l’appétit de la bête.
Auquel cas, on recommandera à la dame de relire le mode d’emploi, ou d’éviter l’aisselle, adepte du rasoir à jeter.
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