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Nous avons rencontré Alain Bertrand, cet auteur à l'humour corrosif, capable de nous questionner sur notre environnement quotidien.
TDM - Vous écrivez : « L’écrivain est un serrurier et le gardien du temple. ». Pourriez-vous nous donner la clef de votre écriture ?
AB - « Dans mon travail d’écrivain, il y a une recherche de singularité, de regard et d’identité, le but étant d’être soi, de s’autoriser une langue, un langage qui est particulier, qui s’élève contre les clichés, la langue de bois. Un écrivain ne communique pas. Un écrivain écrit.
A travers l’écriture, il y a beaucoup de choses qui peuvent passer, qui ne sont pas forcément dites, qui peuvent être suggérées, sous entendues. Essayer de dire ce qu’on a vu, ce qu’on a ressenti en choisissant un regard qui est singulier. »
TDM - Votre recueil est une sorte de dictionnaire décalé des objets de la vie moderne. D’où vient ce parti pris ?
AB - « Il s’agit de partir d’un détail pour aborder des questions plus larges qui soient amoureuses, métaphysiques, sociologiques. Les objets sont ces détails qui permettent de jeter un œil lucide sur des réalités plus larges. Le vrai thème de ce livre ce ne sont pas les objets, c’est la vie. Le texte sur la lunette est une méditation sur le couple, la serrure une méditation sur la littérature, le tapis roulant sur le sport.»
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