La sexualité est au centre de nos vies, victime de nos hauts et de nos bas, de nos désirs et de nos manques, de nos enthousiasmes et de nos fragilités. Pour les hommes comme pour les femmes, il est illusoire de penser que tout devrait fonctionner d'un simple claquement de doigt, parce que cela a toujours été comme cela. Au contraire. Sauf qu'en cas de problème, il est plus simple pour elle que pour lui de passer l'épisode sous silence. L'érection étant la condition de l'union sexuelle, son absence confronte l'homme à une situation difficile et ressenti comme humiliante : il a alors l'impression que c'est sa virilité qui est en cause (alors qu'une femme ayant pendant un temps moins de désir se sentira peu ou pas dévalorisée).
Et si les choses finissent par s'installer sur un mode chronique, les conséquences peuvent être lourdes à tous les niveaux : "L'homme renonce alors à faire l'amour et fuit même la femme, explique le sexologue Gérard Leleu. Pour les couples les suites sont funestes aussi : pour tester ses capacités de bandaisons, l'homme commet quelques infidélités ; pour tester sa désirabilité et s'octroyer des plaisirs compensatoires, la femme s'autorise quelques aventures extraconjugales, les humeurs sont mauvaises, des conflits éclatent, le désamour gagne, le couple est en danger..." Et l'homme, se sentant "impuissant" finit par perdre confiance en lui, s'estimer de moins en moins, voire devenir dépressif...
Plusieurs causes, un même effet
Les problèmes d'érection peuvent être liés à des causes psychiques, organiques ou toxiques. Mais dans 9 cas sur 10, la raison en est bien psychologique. Peur, anxiété, angoisse, inquiétude, stress, colère, agressivité... Jacques raconte : "Toute ma vie, je me souviendrai de la première fois où je l'ai tenu dans mes bras. Cela faisait des semaines que je fantasmais sur ce moment-là. Et en même temps, j'avais l'impression d'être un petit garçon, de commencer véritablement ma vie, alors que j'avais bien atteint la quarantaine et que j'étais par deux fois papa. Mais là, cela n'avait rien à voir. Et il est arrivé ce qui devait probablement arriver : je n'ai rien pu faire. Rien de rien. Sur le coup, j'aurai voulu que la terre m'engloutisse, disparaître à tout jamais. Nous nous sommes endormis l'un près de l'autre, comme des frères. C'était horrible. Le lendemain matin, elle avait un sourire coquin au réveil, je n'osais pas bouger, par crainte du ridicule. C'est elle qui a pris les choses en main, avec légèreté et une pointe d'audace qui ne m'a pas surpris plus que ça. C'était comme s'il fallait m'apprivoiser, ou apprivoiser de vieux démons enfouis au fond de moi. Cela a pris du temps. Je voulais qu'elle soit mon amante. Elle est en plus devenue mon amie. Avant de devenir ma femme".
Qu'il s'agisse d'une première fois avec une nouvelle conquête, d'une partenaire qui impressionne fortement, ou d'une période de fragilité psychique liée à une situation professionnelle, familiale ou conjuguale compliquée, l'érection est plus vulnérable qu'il n'y paraît.
Sans oublier tout simplement qu'un problème d'érection peut aussi être lié à une l'absence de désir. Plus d'envie, plus d'appétit, une baisse de désir de l'un ou l'autre des partenaires, et petit à petit, l'érection se fragilise avant même parfois de disparaître...
Il existe aussi des maladies qui fragilisent la fonction sexuelle : les maladies des artères, comme l'artériosclérose ou l'artérite, lesquelles sont souvent dues à une mauvaise alimentation, l'hypertension artérielle, les maladies des nerfs, les atteintes de la moelle (liées à une hernie discale, une atteinte de la colonne vertébrale ou une sclérose en plaque)... Sans oublier les multiples toxiques qui constituent autant de moyens très efficaces d'être frappé d'impuissance : tabac, alcool, drogues diverses et variées, et même certains médicaments (tranquillisants, antidépresseurs, anticholestérolémiant...).
Attention également à la pratique régulière du vélo ! Leur selle étroite et rigide a tendance à réduire de 30 à 60% la circulation dans le pénis, ce qui a bien-sûr un effet délétère sur l'érection.
Le rôle majeur de la (ou du) partenaire
Face à une panne, une femme peut achever un mâle ou le sauver, devenir sa meilleure alliée ou son pire ennemi. A vous de choisir votre camp ! Le docteur Leleu propose alors un guide de la parfaite réanimatrice de verge. Pas de fausse pudeur, allons directement dans le vif du sujet :
- D'abord, on ne pense pas que l'on n'est plus désirable. A priori, cela n'a rien à voir avec ça. Et si on s'imagine que si, quand même peut-être, et bien, il n'y a qu'à faire un petit effort et devenir experte en manière d'érotisme. On fait tout ce qu'on peut pour vous y aider...
- Ensuite, on prend conscience que son homme est dans une situation plus douloureuse qu'on ne le croit. Il n'existe pas côté féminin une telle situation existentielle, qui peut être ressentie de manière à la fois honteuse et si violente intérieurement. Donc on oublie ses récriminations et on rassure monsieur avec intelligence et sensualité. Si on l'aime, c'est pour lui, et non pour la raideur de son zizi (et en plus, c'est vrai !).
- On le caresse, on l'embrasse, sur l'ensemble du corps, sans se focaliser sur le-dit sexe qui a pour le moment besoin d'un peu de paix. Cuir chevelu, dos, pieds... Non, la sexualité ne se réduit pas à la génitalité et le bonheur est (aussi) partout ailleurs.
- Ensuite, l'amante peut stimuler avec ses doigts et sa bouche la zone du périnée, à mi-chemin entre l'implantation du pénis et l'anus, avant de s'approcher doucement du premier (ou du second d'ailleurs !). Sans bâcler, sans avoir pour seul objectif de le faire bander, mais juste de s'amuser. Ensemble. De prendre le temps de bien faire les choses. Avec gourmandise et volupté. Branle, baiser pénien, vous avez le choix des armes, du moment que vous vous régaliez. Il est toujours possible si la verge devient plus ferme, à un moment ou un autre du processus, de l'introduire dans le vagin. En position d'Andromaque (la femme est à genou et à cheval sur les cuisses de l'homme) en particulier si la bandaison demeure fragile.
Il va de soi que pendant que madame s'affaire, monsieur prend tout autant soin d'elle, la caressant de mille manières, histoire de l'exciter elle aussi, de lui donner du coeur et du désir à l'ouvrage... Sylvie se souvient :"Lorsque nous nous sommes rencontrés, nous pourrions dire que nous étions tous les deux des personnes libérées, si cela veut dire effectivement quelque chose... Et puis un jour, les choses ont commencé à moins bien se passer sexuellement. C'était la première fois que cela m'arrivait et j'étais étonnée et pour tout dire, un peu embarrassée. Pourtant, ce sont ces problèmes-là qui ont libéré notre parole et nous ont permis de devenir un couple dans la durée. Etrange, n'est-ce pas ? "
Et les médicaments ?
Et pourquoi pas ? Qu'ils se nomment Viagra ou Lévitra, ces inhibiteurs de phosphodiestérase sont en fait de puissants vasodilatateurs, qui permettent, à condition de ressentir du désir, de provoquer l'érection. Il est possible de les utiliser de manière transitoire. Pour un usage au long cours, mieux vaut alterner les molécules (comme toujours d'ailleurs). Dans tous les cas, demandez conseil à votre médecin ou votre sexologue, qui pourra également prescrire si nécessaire de la testostérone.
Côté solutions naturelles, le ginseng, la maca voire même la vitamine C peuvent donner un coup de pouce salutaire. Vous pouvez cette fois demander conseil à un naturopathe.
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