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Plus fort et plus courageux

«Vous pouvez penser que vous êtes plus en sécurité en restant ainsi et en maintenant un statu quo.

Pourtant, la sécurité ne vient qu’en prenant des risques, en vous ouvrant et en découvrant toujours plus ce que vous êtes. Certaines personnes ont découvert qu’en essayant de conserver un environnement sûr et en évitant de prendre des risques, elles étaient encore plus effrayées et leur insécurité grandissait.

La peur diminue lorsque vous lui faites face. Vous avez peut-être remarqué que lorsque vous innovez, vous vous sentez plus fort et plus courageux dans les autres domaines de votre vie.»


– Sanaya Roman, Choisir la joie
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» Sexo - Plaisirs - Dimanche, 08 Mars 2009 23:32 Imprimer Par Anna Veyrenc
Voyage à rebours des clichés.

sexe_mouches.jpg Entre tabou et dégoût, la sodomie reste une pratique controversée. Pourtant sous la pression pornographique qui en banalise l’accès visuel, elle tend à s’immiscer dans nos vies sexuelles, comme une aventure à tenter, voire même le must du moment.

Présentée ainsi, comme un produit de consommation couru attisant toutes les convoitises, ne devient-elle pas qu’une mécanique de pénétration à la mode qui nous ramène à la dictature du sexe ? Où se situe donc notre part de liberté et de découverte ? Comment cette pratique peut-elle nous amener à enrichir notre sexualité ?

Suite du voyage vers les plaisirs d’arrière-cour en compagnie de Nathalie Giraud.



histoire-de-marie-et-jul-ii03-m.jpg Plaisirs controversés
Rentrer et investir le lieu des déjections humaines n’est pas anodin ! Pour notre civilisation duelle qui coupe le haut du bas, la tête du corps, valorisant l’esprit au détriment de la chair, la chose est forcément négative ! Et quand, a fortiori, il s’agit d’y prendre du plaisir, à rebours de l’usage naturel… la morale s’offusque et là, surgit « le désir de transgression, récurrent, concernant la sodomie » selon Nathalie Giraud.
« Pour moi qui suis homosexuel, dit Jack, le plaisir vient, consciemment, de l’Interdit ; ça  m’émoustille de pénétrer comme de me laisser pénétrer. Dans ma vie, la sodomie c’est une libération consciente : grâce à elle, je passe outre… ce qui est bien ou mal, pour choisir ce qui est bon pour moi et pour mon partenaire ! »

De plus, le plaisir anal semble un plaisir en perpétuel équilibre entre la possible jouissance et le désagrément de sorte qu’il appelle un lien différent entre partenaire «  Pour moi, dit Marie, il suffit d’un rien pour que ce qui est excitant ne devienne douloureux » : un mouvement trop maladroit, un manque de lubrification, « un angle de pénétration mal ciblé et je perds mon plaisir! Voilà pourquoi je préfère la position allongée sur le côté où je peux orienter et doser les approches.» « C’est vrai, dit Tom, que ça me demande plus d’attention, je dois être à la fois actif et incroyablement à l’écoute, impossible pour moi de n’être qu’un pourfendeur : je m’ouvre aussi. » Très souvent pour les femmes, la sodomie est « un cadeau fait à l’homme », une forme « de don » qui suppose encore plus d’ouverture et de confiance, bref : « qui ne se donne pas à la légère ».

Enfin le plaisir anal est spécifique, « je dirais différent, ajoute Eva, car il irradie dans tout le sacrum et vers l’intérieur de la colonne. Ce que j’aime, c’est que mon homme me pénètre vaginalement et titille mon point G, pendant que j’excite mon clito, tandis qu’il pénètre de ses doigts ou d’un gode, très délicatement, mon anus ! Alors j’ai trois orgasmes (clitoridien, vaginal et anal) qui se conjuguent et se déploient dans toute l’assiette du bassin, d’avant en arrière et remontent vers la colonne ! »
Lors de la jouissance anale, selon Nathalie Giraud, « une lubrification interne est même possible », on peut donc magnifiquement « mouiller du cul ».


Vers l’initiation
Selon la spécialiste, quand la sodomie est vécue sur un mode relationnel riche, « elle permet aux deux partenaires de partager une re-co-n(n)aissance mutuelle profonde » où les valeurs du Féminin et du Masculin peuvent se vivre et aussi s’échanger au sein du couple. Car les hommes aussi ont un anus : de pénétrants, ils peuvent aussi expérimenter le fait d’être pénétrés sans avoir mal, ni être dévalorisés ! « Personnellement, je n’apprécie pas la sodomie, avoue Axelle, mais mon partenaire, si ! Et je suis bluffée de voir comment, sans cesser d’être un homme, il s’abandonne à mes mains, mes doigts ou mon gode et ce, pour notre plus grand plaisir ! » 

Quand un homme contacte sa part Féminine d’accueil, de réceptivité et accepte de s’ouvrir en permettant à sa partenaire de contacter sa part Masculine et d’être active et à son tour pénétrante, c’est une complicité nouvelle qui s’installe. « Cela signale, pour la spécialiste, un niveau de communication qui permet d’accepter la permutation des rôles, d’explorer et de créer ensemble. En faisant confiance aux doigts pénétrants de sa partenaire, l’homme choisit de faire davantage confiance à son couple qu’aux normes sociales, morales ou religieuses ; il témoigne alors qu’il a plus à gagner à se faire confiance, en s’ouvrant, qu’à perdre et c’est un moment extraordinaire d’alliance entre partenaires ! »


De l’anus au sacré
« Cette excitation anale, dit Sylvia, je l’ai découverte quand j’ai dû rééduquer mon périnée après mes grossesses. A force de le contracter, j’ai senti une chaleur qui irradiait jusque dans mon anus et au bas de ma colonne puis des palpitations dans tout mon bas ventre comme si j’avais un feu qui irradiait de l’intérieur.»

Depuis des millénaires, les traditions chinoises et tantriques reconnaissent à l’anus une importance capitale, à laquelle fait écho l’étymologie latine « sacrum/sacré » pour désigner le bas… du dos : « Cette région du « sacrum » se rapprochant du sacré, selon la spécialiste, parce qu’elle est « re-liée à la quantité d’énergie vitale et sexuelle, dont dispose un individu. »
Pour ces traditions orientales, l’anus est situé sur ces circuits énergétiques que la sexualité et la pénétration peuvent réactiver.
 
En lien avec le souffle, la visualisation, la méditation ET le lien d’amour, il est possible d’éveiller ces canaux énergétiques pour atteindre une forme d’éveil et de régénération. Notre culture judéo-chrétienne connaît mal ces pratiques ancestrales et les méjuge souvent. Pourtant l’énergie de la kundalini, située à la base du coccyx, se trouve activée par la pénétration anale. « Symbolisée par un serpent qui monte le long de la colonne vertébrale, conclut Nathalie Giraud, elle se propage sous forme de chaleur, tels des milliers de filaments en faisceaux ramifiés, dans tout le corps et à la surface de la peau pour irradier, étape par étape, en filets de lumière blanche qui crépite », tous les chakras du corps, jusqu’à provoquer une forme d’éveil spirituel.

La sexualité ne serait elle pas, ce voyage méconnu vers la part la plus unifiée de nous-même, en lien subtil avec l’autre et sa part de liberté, au cœur même du sacré, vers l’éveil ?

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