La fellation permet à la femme de prendre sexuellement le pouvoir, en communion intime avec le yang. Cette pratique peut être particulièrement enrichissante lorsqu'elle est synonyme d'un don de soi mutuel et doux.
Parce qu’elle appelle un contact intime avec le sexe de l’homme, son pénis ou « tige de jade » pour les Chinois, la fellation n’est pas toujours bien vécue par la femme. Echanger avec un sexe d’homme peut être pourtant une expérience particulièrement enrichissante pour elle à condition qu’elle vienne de son propre désir, sans subir aucune pression.
Selon les traditions orientales tantrique et taoïste (1), cette pratique apparaît comme un chemin vers la spiritualité dans le respect et l’amour de son partenaire. Une vision originale de la fellation est donc possible. Même si Frédéric Ploton dans Orgasme mode d’emploi (2), nous aide à la comprendre d’une manière plus pragmatique, en écho avec ces traditions plus anciennes qui nous en livrent une autre vision.
La valse des positions
Par opposition au coït, où l’homme garde « le contrôle et le pouvoir » sur la femme (en terme de mouvement, de rythme, ou de position) et peut donner libre cours à sa flamme, son agressivité éventuelle ou sa domination, le sexe oral donne à la femme un pouvoir subtil.
En prenant le sexe de l’homme dans sa bouche, elle prend la maîtrise de la situation et d’une certaine manière le pouvoir en terme de rythme, de pression, de mouvements… : « C’est pour moi, dit Sophie, une magnifique façon de donner du plaisir. Même si je ne jouis pas, j’aime jouer avec ce plaisir que je donne ». Pour un taoïste, la femme, yin par nature - reliée au froid, au réceptacle, à la passivité - développe ici son aspect yang – lié à l’action, au mouvement, la chaleur, la créativité - et se rééquilibre énergétiquement en harmonisant ses polarités.
L’abandon au plaisir
L’homme, lui, se retrouve en position yin : il reçoit les caresses. « On s’occupe de moi, dit Yvan, je ne suis plus responsable de devoir faire jouir. Là, je contacte autre chose, c’est la femme qui me donne une caresse infiniment douce et excitante. Je le vis comme un don d’amour et d’attention à mon égard. ». Ce « sentiment unique d’abandon que la fellation donne à l’homme est d’autant plus fort, rappelle Frédéric Ploton, que c’est la seule pénétration au cours de laquelle il est passif ». En inversant sa polarité yang vers plus de yin, il contacte une autre forme de sensualité.
Le paradoxe féminin
Si pour une femme, prendre un sexe d’homme dans sa bouche est signe de pouvoir sur lui, ce pouvoir se prend paradoxalement dans la soumission comme forme positive de consentement : l’homme y est d’ailleurs sensible puisque outre l’abandon, il éprouve comme le confirme Frédéric Ploton, « une sensation de domination, la fellation étant un hommage évident à son sexe et sa virilité ». Même si, emporté par la douceur des caresses buccales, l’homme perdrait ses tendances à l’agressivité et la domination selon la philosophie du Tao.
La puissance de la douceur
Ainsi, la femme obtient son plus grand pouvoir de la douceur. A travers cette soumission à l’énergie dressée (incarnée par le sexe) qu’elle intensifie de ses caresses, la femme fait jaillir le fluide masculin de vie -le sperme est un fluide corporel très riche - et peut le recevoir sur sa peau comme un baume énergétique puissant.
Elle peut ainsi se restaurer énergétiquement, sans être fécondée autrement que spirituellement. En intensifiant l’orgasme masculin et en se concentrant sur cette magie du « lingam » tantrique en érection, la femme en absorbe donc la force et l’énergie vitales : « C’est vraiment ajoute Yvan, un plaisir particulier, plus doux, plus mouillé, avec plus de sensations quand ma partenaire joue avec sa langue, ses joues, ses lèvres et ses mains… C’est très excitant, d’autant plus que je peux me voir et surtout la voir qui me regarde jouir. »
(1) Les enseignements sexuels de la Tigresse Blanche de Hsi Lai aux Editions Trédaniel ,




