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Plus fort et plus courageux

«Vous pouvez penser que vous êtes plus en sécurité en restant ainsi et en maintenant un statu quo.

Pourtant, la sécurité ne vient qu’en prenant des risques, en vous ouvrant et en découvrant toujours plus ce que vous êtes. Certaines personnes ont découvert qu’en essayant de conserver un environnement sûr et en évitant de prendre des risques, elles étaient encore plus effrayées et leur insécurité grandissait.

La peur diminue lorsque vous lui faites face. Vous avez peut-être remarqué que lorsque vous innovez, vous vous sentez plus fort et plus courageux dans les autres domaines de votre vie.»


– Sanaya Roman, Choisir la joie
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» Sexo - Plaisirs - Jeudi, 20 AoĂ»t 2009 19:49 Imprimer Par Anna Veyrenc

Dieu, le sexe et nous : Episode 2.

altPar opposition au second récit, le premier récit de la Genèse nous montre qu’ “homme et femme” furent créés ensemble dans un même élan de liberté et d’égalité!

Qui fut donc cette première femme que la Bible occulte avec tant de force et qui hante les textes bibliques*?


Elle se nomme Lilith, et apparaît comme la femme primordiale d’avant le Patriarcat. Elle incarne dans la Bible, la résurgence d’une époque oubliée et niée, celle du Divin Féminin dont parlent les mythes sumériens**.


Lilith ou la femme libre

Lilith a été refoulée de notre culture parce qu’elle dérangeait le monde patriarchal. Que représente -t-elle donc de si dangereux?


L’Alphabet de Ben Syrah, issu de la tradition ésotérique du Talmud, nous apprend Françoise Gange, expose qu’en faisant l’amour avec Lilith, Adam ne conçoit que la position “dessus”, se posant comme chef de famille, Lilith devant rester “dessous”. Cette dernière, défendant sa liberté au sein du couple, se rebelle. Mais Adam reste sur ses positions de dominant, Lilith comprend qu’il la veut en position de dominée et se résout à la seule solution possible: sortir de l’Eden.

Le texte dit que refusant de se soumettre, elle demande des ailes pour s’enfuir du paradis ce qui lui est accordé par les Anges ! Adam demeurant seul se lamente en demandant une autre femme. Le Dieu Père l’exauce en modelant Eve, qu’il tire d’une de ses côtes et qui symbolise la femme dépendante et inférieure.”


“La position du missionnaire? renchérit Maya, ça me donne envie de faire la liste des courses! Je ne peux jouer ni avec les rotations de mon bassin, ni sur l’axe des pénétrations, ni sur leurs rythmes, ni sur leurs profondeurs! J’attends que ça lui passe et après, je m’excite autrement!”

C’est en partant de l’étude de ce personnage refoulé de la Bilble, Lilith, que j’ai découvert, dit Françoise Gange, qu’à Babylone et auparavant à Sumer, (en gros, l’actuel Iraq) bien avant l’émergence de Dieu Père, avait existé une culture où le féminin avait un visage très différent de celui fixé par l’ordre patriarcal, avec des femmes sauvages, libres et indépendantes comme Lilith.”
A travers elle, c’est toute la liberté sexuelle et l’énergie créative du Féminin primordial qui se trouve remémorée.


La culture du divin féminin

Grâce à Françoise Gange, on découvre dans les mythes de Sumer, que là où commence l’histoire écrite, des sociétés avaient alors des valeurs radicalement opposées à celles qui fondent le patriarcat: pas de rapports hiérarchiques, mais des valeurs nourricières, de partage, d’échange, sans verticalité.
Dans ce monde, la nature et tout ce qui constitue le vivant et ses règnes, est respecté comme création de la Mère, nourricière et aimante. “On magnifie la Vie sous toutes ces formes et d’abord sous celle de l’union sacrée des deux principes vitaux. Les temples sont le théâtre de la hiérogamie: on y pratique l’ union sexuelle et sacrée du principe féminin et masculin”, les femmes ayant au temple une liberté sexuelle totale!
La notion de péché n’existe pas. insiste la spécialiste.” Homme et femme honorent le divin au temple. “La culture de la déesse n’étant fondée sur aucune domination et sur le respect de la nature, le temps de l’homme n’est accaparé par aucun travaux qui plus tard, en patriarcat, exténueront le fils, le frère ou le mari comme le dit l’épopée de Gilgamesh. On a tout lieu de croire que le couple est libre, non nécessairement stable.”

“Je viens, témoigne Said, d’une culture matrilinéaire, située dans les Iles Comores et j’ai toujours un rapport privilégié à ma mère.”
Dans ces cultures, explique Françoise Gange, “l’homme est rattaché au foyer de sa mère et de ses soeurs, où il tient un rôle important auprès des enfants de celles-ci” en tant qu’oncle maternel.
Cette survivance d’une société matrilinéaire, ajoute la spécialiste, est ausssi connue en Afrique noire, ou chez les “Na” de Chine. Par exemple, chez ces derniers, l’homme et la femme pratiquent une union libre et “furtive” car l’homme ne vit pas au foyer de sa femme.”
Moi ajoute Solange, je me demande si homme et femme sont fait pour vivre ensemble. Après plusieurs expériences ratées avec des hommes dont j’ai deux beaux enfants, j’ai trouvé un équilibre: je vis en collocation avec deux femmes ayant, elles aussi, des enfants. Et c’est simple et plus économique. Nos amoureux du moment (il y en a un qui durent!) nous rejoignent parfois à la maison mais nous ne vivons pas avec eux. Nous nous organisons entre femmes. Pour moi c’est bien: je suis mère et amoureuse, amante quand je le décide, sans être à disposition!”


Lilith aujourd’hui?

La femme debout ne cherche pas le pouvoir comme en patriarcat ni la validation extérieure, elle quitte le rôle de servante ou de prostituée pour retrouver sa dimension de créatrice, libre. Elle a réconcilié en elle masculin et féminin, en allant au Coeur de son temple, et de sa féminité, dans son sexe.
En refusant d’être servante sexuelle, Lilith exprime cette féminité debout. Et il n’est pas anodin que ce soit au Coeur de l’intime, qu’émerge le conflit entre Adam et elle. Car en Patriarcat, la sexualité est une arme de pouvoir de l’homme sur la femme au lieu d’être l’union sacrée des temps anciens!
Pour moi dit Anne, il est vital d’avoir une pièce à moi dans la maison. J’ai souvent besoin d’y dormir, seule. Et quand je le désire, j’invite, dans mon lit, mon mari!
Ma façon à moi d’honorer ma Lilith intérieure, dit Sophie, est de rester le plus au contact de mon senti. Sexuellement c’est être attentive à mon vrai désir et pas simplement celui d’être désirée. Parfois je m’offre, j’excite, parfois j’aime être prise. C’est mon ventre qui parle. ”
Pour moi, conclut Sarah, Lilith n’est pas une démone, c’est la femme libre qui sommeille en moi. Elle sait qui elle est et ce qu’elle veut. Elle est en accord avec l’énergie vitale de son ventre qui bat et qui saigne, qui jouit et qui enfante.

Elle échappe à tous les codes, elle n’appartient qu’à la Vie, pas aux hommes qui valident ou pas la Vie!


* Le personage de Lilith apparaît dans les écritures bibliques, ainsi que la Kabbale - le Zohar en particulier- et est mis en scène dans un texte intitulé “L’alphabet de Ben Syrah”.

**Ces mythes qui sont les plus anciens jamais décryptés montrent comment la culture patriarcale s’est imposée en combattant puis effaçant ce culte antérieur de la Déesse Mère, à partir de -2800 av JC.

*** Pour en savoir plus: Françoise Gange a donné des entretiens sur les sites suivants: www.soleil-levant.org ou www.penelopes.org

 

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