Qu’est ce qui différencie la sexualité masculine de la sexualité féminine ? En quoi les différences physiques et physiologiques peuvent-elles nous éclairer sur les incompréhensions entre homme et femme en matière de sexualité?
A première vue…
Un simple coup d’œil et tout est dit : la femme, à la différence de l’homme, n’a pas de sexe visible de l’extérieur, reconnu comme tel et dont l’activité soit, elle aussi, à ce point tangible ! « Au début de ma vie sexuelle reconnaît Pauline, difficile pour moi de regarder un sexe d’homme au repos... ! Alors, imaginez , une fois la chose dressée ! J’avais du mal à faire face cette poussée du désir conquérant, c’était trop violent ! ».
L’homme, comme son phallus dressé, tend vers son désir de manière directe, efficace : le plaisir est actif et activé dans l’extériorité, le mouvement et parfois la performance, pour accéder au plaisir, pénétrer sa partenaire et le plus souvent éjaculer. « Mon sexe, dit Pierre, a besoin d’être caressé et contenu : c’est cette action combinée entre contention et friction qui me fait jouir ». En plus, à la différence de la femme, l’homme voit le plaisir « lui tomber dessus un jour sans crier gare comme un cadeau de jeunesse », ajoute Gérard.
Mystère intérieur
Le sexe féminin est, lui, interne et caché. Cavité, contenant qui échappe au regard, il est mystérieux même pour celle qui le possède !
« Après une opération où l’on m’avait rasé complètement le pubis et le sexe, je me suis retrouvée complètement mal à l’aise à la vue de mes lèvres nues, de mon sexe de petite fille ! J’ai alors fait une expérience incroyable : celle de m’ouvrir devant un miroir et de m’observer y compris à l’intérieur du mieux que j’ai pu… » .
Sa connaissance intime prend non seulement la forme d’un chemin vers sa nature profonde souvent inconnue mais aussi d’une découverte de son anatomie, entre clitoris, Point G vaginal et anus ; d’une écoute des vibrations intérieures entre pulsations vaginales, palpitations utérines, sécrétions, contractions jouissives, entre désir et besoin . « Il m’a fallu du temps avoue Céline, pour avoir des orgasmes, pour m’abandonner en confiance, cesser de me jauger, ou d’imaginer le regard de l’autre sur moi ! Désormais je sollicite et suscite des préliminaires sans lesquels je reste absente ! Un amant qui n’honore pas mes boutons de rose est gentiment remercié !». Et de fait, loin d’être direct et évident, l’orgasme féminin suppose un retour de la femme à son ventre, son sexe, et à une intériorité qu’elle est seule à pouvoir apprivoiser et expérimenter entre fantasmes, imagination et mythe personnel.
Par sa nature de réceptacle, la femme est connectée directement à la problématique de l’intrusion dans son intimité et donc du viol : derrière toute première pénétration se joue la faculté qu’un homme a de déchirer le voile de l’hymen, de prendre sa place et pour la femme, celle de s’ouvrir à l’altérité et de l’accueillir !
Vague hormonale, vague à l’âme ?
Si homme et femme ne sont pas égaux en termes de libido, c’est aussi la faute aux hormones! Alors que l’homme est « alimenté » de façon plutôt continue et régulière tout au long de sa vie par la testostérone, hormone de la conquête et de la libido ; la femme, elle, connaît une alternance de pics et de baisses de désir suivant le cycle hormonal qui cesse avec la ménopause, nouvelle étape de sa vie sexuelle… La femme est ainsi confrontée, de l’intérieur, à un bouleversement récurrent qui agit sur elle en profondeur et la connecte naturellement au cycle vie, mort, renaissance.
« Quand une chute hormonale se produit chez l’homme, ajoute Jean-Paul Pès, c’est l’incompréhension et la panique ; c’est ce qui les force à consulter, car ce corps qui les lâche tout à coup les effraie. Et tout ce qui les ramène à leur intériorité (déprime, émotions, états d’âme…) leur est plus difficilement accessible, voire très perturbant pour eux ! La femme, quand elle se connaît intimement, est la seule à pouvoir aider, par l’osmose énergétique, amoureuse et sexuelle, l’homme à se connecter à sa propre intériorité, ajoute le spécialiste ; la femme a vraiment la capacité d’être une initiatrice pour lui » .
*Jean-Paul Pès est auteur de Se régénérer le corps et l’esprit, Etre tonique, aux éditions Jouvence et de l’Écoute avec David Feldman chez le même éditeur.




