Il vient de publier Méditations* et nous invite à entrer dans cette pratique ancestrale pour s'ouvrir à soi et aux autres. Rencontre sur Zafu avec un enseignant hors norme, fondateur de l'Ecole Occidentale de Méditation, pour établir un bouddhisme occidental en dialogue avec la philosophie et la poésie d’Occident.
La séance a lieu à l'Ecole occidentale de Méditation , où Fabrice Midal nous partage son vif intérêt à transmettre une pratique au coeur de son engagement : " Méditer c'est comme rentrer à la maison. Et nous avons tous besoin" . Des mots révélateurs du ton des 12 séances guidées de méditation qu'il livre dans ce nouveau projet.
Une fois tous assis en lotus, ou du moins les jambes croisées, sur un coussin de méditation, ou une chaise, Fabrice Midal nous invite à laisser nos yeux mi-clos, à placer nos mains sur nos cuisses, et à tenir notre dos bien droit. La posture ne doit être ni tendue, ni trop relâchée... "C'est un peu comme la corde d'un arc, ou celle d'un instrument de musique," explique-t-il pour illustrer son propos. Garder ses yeux mi-clos peut soulever un interrogation. Ne serait-il pas plus simple de les fermer, pour s'intérioriser ? Et bien non justement ;" le regard est ouvert et posé, sans fixer un point, ce qui va demander des ajustements " explique-t-il. Plutôt que se couper du monde, il propose d'être en relation avec lui. La posture constitue la base, le socle, qui doit être solide. La respiration est là pour nous soutenir, et nous ramener aussi, quand le flot de nos pensées nous envahit, ou que tout simplement, nous nous "échappons" de ce moment là.
"La méditation n'est pas un nouveau cocon, un refuge hors du monde... une vision qui peut renforcer une certaine dualité et augmenter nos conflits avec ce qui est perçu comme des tracas au quotidien ", prévient Fabrice Midal. D'ailleurs, très concrètement la méditation donne lieu à des confrontations bien réelles : avoir mal au dos, au genoux, s'ennuyer, être submergé de pensées... La proposition est davantage de s'ouvrir à la présence de ce qui est là justement et d'habiter ce moment. "On ne fait pas le vide, on est présent à soi, à l'intensité de cette présence, en se montrant attentif," ajoute-t-il. Il attire notre attention sur cette absence à nous-même. Combien d'entre nous sont présents entre le moment du réveil et celui où ils arrivent au bureau. Pris dans des activités mécaniques, ou un ressassement mental perpétuel qui nous coupe du présent, nous sommes rarement "vraiment là!".
A l'entendre on finit par se dire que méditer est une activité des plus ordinaires, "c'est une pratique de présence à soi, qui n'est pas réservée à une fabrication mystique," précise-t-il. Autre élément important, et pas des moindres ! "Il n'y a pas de méditation réussie, ou pas. C'est avant tout un geste de bienveillance envers soi, un temps parfait pour se "désencombrer " de nos contraintes de résultat !" Toutefois, s'il n'y a pas de but, c'est avant tout un chemin !
Lors des soirées, la méditation est présentée sans rituel, ni engagement religieux, mais dans un souci de simplicité et de rigueur. Un temps de méditation d’environ 55 minutes est suivi d’un enseignement pour mieux en faire résonner l’impact dans notre vie quotidienne. Dans la lignée de Kagyu et Nyingma du bouddhisme tibétain, les enseignements sont aussi marqués par de nombreuses figures philosophiques et poétiques d’Occident. Les soirées sont ouvertes à tous, les débutants étant les bienvenus.
En pratique : consulter le site www.ecole-occidentale-meditation.com
Méditations par Fabrice Midal Editions Audiolib.
12 méditations guidées sur 2 CD audio et un livre.




