Lorsque l’on pense aux druides, on les imagine vêtus de robes blanches tel Assurancetourix, préparant une potion magique ou sacrifiant des victimes à l'ombre des dolmens. Ou bien nous imaginons des druidesses échevelées prononçant des invocations du haut des rochers…
La réalité n’avait, semble-t-il, pas grand chose à voir avec la fiction.
Si l’on a longtemps cru, à la suite de Pline l’Ancien (23-79 après JC), que le mot Druide venait du grec Drus signifiant « chêne », il est plus vraisemblable qu’il était issu des termes indo-européens dru et ide, signifiant le « très voyant » ou le « très savant ».
Il n’empêche, cette référence au chêne n’est pas due au hasard. On sait en effet que les liturgies druidiques étaient célébrées à l’écart des habitations, en plein cœur des forêts, dans une clairière, le nemeton, endroit symbolique où convergeait les forces telluriques et cosmiques.
Des Celtes privilégiés
On sait, grâce à « La Guerre des Gaules » de Jules César, que les druides constituaient en fait une classe privilégiée de la société Celtique : dans une assemblée, aucun guerrier ne peut prendre la parole avant le roi, mais ce dernier ne peut parler qu’après le druide. Pourtant, n’importe qui, quelle que soit sa classe sociale d’origine, pouvait devenir druide. A condition de le vouloir et d’avoir suivi un enseignement rigoureux et très long.
César dit ainsi que « les druides enseignent les jeunes gens » dans des sortes de collèges situés en pleine forêt, et que les études, toutes fondées sur l’oralité, nécessitent une vingtaine d’années d’apprentissage.
Au cours de ces années, les disciples apprennent par cœur, sous forme de vers, l’essentiel de la tradition. Seuls demeurent bien sûr les plus doués et les plus tenaces.
Tous les auteurs de l’Antiquité ont d’ailleurs rendu un profond hommage à la science de ces druides.
Grâce à eux, nous savons qu’ils sont à la fois des prêtres qui croient à l’immortalité de l’âme, des philosophes, des « mages », des prophètes, des enseignants, mais également des juristes, des conseillers politiques, des ambassadeurs et bien sûr des médecins.
La médecine druidesque
Ils guérissent les malades à l’aide de plantes telles que la camomille romaine, la bardane, la sauge, mais aussi la verveine, le romarin, le houx, et le trèfle qui est considéré comme une plante magique. Mais ils cherchent aussi parfois à soigner par des incantations et des rituels dont on ne sait quasiment rien. Avec le gui coupé selon un rite très codifié, ils composaient effectivement une sorte de « potion magique », autrement dit un remède universel.
Le chêne est pour eux symbole de science et de puissance, et c’est le gui cueilli sur le chêne (très rare) qui est considéré comme le plus actif.
Notons que, de nos jours, le gui est reconnu comme tonique cardiaque, diurétique, sédatif et antispasmodique. Quant au pommier, il était « l’arbre de la science du bien et du mal », et la pomme, le fruit qui procure l’immortalité.
On pense qu’ils utilisaient aussi les médicaments minéraux comme l’alun, l’oxyde de cuivre, la pierre hématite, l’aimant, la céruse… ; et des médicaments animaux comme la corne de cerf ou le scarabée. Pline a également parlé d’œufs de serpent, mais il est difficile d’infirmer ou de confirmer. Le vin et le miel étaient aussi usités pour soigner.
Ils pratiquent la petite chirurgie, dite « médecine sanglante », et connaissent le pouvoir des eaux en cure puisque les premiers villages « thermaux » (de Thermes) apparaissent à cette époque.
A la suite de la christianisation, les druides sont passés au rang de guérisseurs, de devins, de rebouteux, de « sorciers de village ».
Le druidisme, qui n’était transmis qu’oralement comme nous l’avons vu, a alors complètement disparu.
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