... Pour enfin être heureux en amour ! Les secrets de famille peuvent peser sur nos couples . Et si on essayait la psychogénéalogie pour mettre fin à ces répétitions qui nous gâchent l’existence ? Il semblerait que les familles ont des secrets qui parfois pèsent lourd dans notre escarcelle amoureuse. « Les non-dits peuvent devenir les maîtres silencieux de nos destins, » confirme Francine Hardy psycho-généalogiste.
Marie, 35 ans, quitte systématiquement les hommes qu’elle aime au bout de trois ans. Jeanne, 38 ans, nourrit une passion pour les hommes mariés. Et si c’était la faute de Tatie Janine, dont on entend parler… en cachette ?
Repérer les répétitions
Sans vouloir enlever toute sa magie à l’amour, il faut toutefois savoir que le domaine affectif n’est pas épargné par le poids de nos ancêtres… La plupart des psys reconnaissent aujourd’hui l’importance de la filiation et des non-dits dans l’ensemble du patrimoine d’un individu.
Chacun de nous est bien sûr constitué par le triangle "papa-maman-moi", mais aussi par une cascade d’influences venue de tout son arbre généalogique. « Je me suis mariée à 26 ans, comme mon arrière-grand-mère maternelle, une figure forte dans la lignée », souligne ainsi Françoise, 34 ans.
Derrière le mystère de nos rencontres et les questions que soulèvent nos choix amoureux peuvent se dissimuler des répétitions familiales. « Une attirance pour un partenaire de culture différente peut aussi s’expliquer par une telle empreinte » soulève Chantal Rialland, psychogénéalogiste : Jérôme, 30 ans, est attiré par les Asiatiques et enchaîne les rencontres sans succès. « J’ai plus tard découvert que mon grand père avait une maîtresse chinoise…. » Et même si, à notre époque, les mentalités ont changé, ainsi que la notion d’infidélité, certains continuent d’une certaine manière à « payer » les fautes de leurs ancêtres.
Quel secret caché?
Repérer un secret de famille n’est pas si compliqué. Il s’agit la plupart du temps d’une situation qui se répète, semblant échapper à notre contrôle, et qui nous met dans un profond malaise :
« Répéter, c’est agir en fonction de son histoire familiale", poursuit Francine Hardy. Ce phénomène nous oblige en quelque sorte à reproduire des scénarios anciens, à réendosser des valeurs familiales et même à honorer des dates dites « anniversaires ».
Au lieu de lutter contre notre histoire, laissons nos ancêtres en paix et réconcilions-nous. Sans doute l’un des plus sûrs moyens de sortir de telles répétitions !
Les thérapies psychogénéalogiques sont souvent libératrices. Elles mettent en jeu ce que les psys appellent l’inconscient collectif développé par Carl Gustav Jung lequel repose sur la notion de loyauté familiale invisible. Si les pratiques sont différentes - génosociogramme, constellation -, toutes ont pour objectif principal de repérer ce qui a pu se transmettre d'une génération à l'autre, avec pour objectif de s'en libérer.
Revisiter le passé à travers notre généalogie permet de changer de regard sur lui, de faire le deuil de la lignée idéale et de trouver un nouveau souffle. L’esprit de famille peut perdurer à condition de prendre conscience des valeurs positives dont elle est porteuse. Il ne s’agit donc pas de tout rejeter. Mais de redevenir une créature bénie qui a hérité à la naissance, non plus d’un fardeau mais d’une opportunité de se construire son bonheur perso
À lire : J’ai mal à mes ancêtres. Patrice van Eersel et Catherine Maillard. Ed. Albin Michel.
LES METHODES EN VOGUE
Le Génosociogramme
C’est incontestablement au Pr. Anne Ancelin Shutzenberger que l’on doit le coup d’envoi de cette approche, en particulier en France dans les années 80. C’est en effet elle qui a mis au point une technique maintenant utilisée par nombre de psychogénéalogistes : le génosociogramme. Cet arbre généalogique très particulier privilégie des faits frappants et des événements chocs, positifs ou négatifs : maladie, naissance, accidents, mariages, départs au loin… Par une présentation graphique, il met en évidence l’ensemble de la famille au sens large du terme, sur 5 ou 6 générations avec ses liens affectifs majeurs. En comprenant mieux les liens complexes qui se sont tissés et en éclairant les non-dits, nous avons alors la possibilité de sortir du destin familial répétitif. Le génosociogramme est une méthode d’investigation, dite « rapide ». En règle générale, une dizaine d’heures en séance individuelle permet d’appréhender l’origine de certains problèmes. Même si cela ne suffit pas toujours pour les intégrer puis les transformer.
La constellation familiale
Fondée par Bert Hellinger, psychothérapeute allemand, la constellation familiale est une thérapie psychogénéalogique qui met en jeu l'inconscient familial et transgénérationnel. Proche du psychodrame, sorte de théâtre thérapeutique, elle s'effectue en groupe, et permet de rejouer un script, celui de l'histoire familiale, pour en dénouer les noeuds. Le thérapeute met en scène votre problème (amoureux, professionnel) en plaçant autour de vous des personnes qui représentent les membres de votre famille : Il choisit dans le groupe celles qui « jouent » votre tatie Janine, votre oncle Arthur, mais aussi vos parents et frères si besoin… Et là ces acteurs (involontaires), vous y compris, se mettent à jouer un script, celui de votre histoire familiale, dont ils ignorent tout évidemment. En fait, ils seraient animés dans leurs gestes et dialogues par ce que les psys appellent l’inconscient familial et transgénérationnel. L’objectif consistant à mettre à jour le secret et se réconcilier avec ses ancêtres. De type thérapie brève, la constellation familiale opère un travail de libération, qui peut s'apparenter à un deuil, celui de la famille parfaite.




