S’accorder chaque jour des petits plaisirs peut vous paraître anodin. Il n’en est rien !
Le plaisir joue un rôle clé pour notre équilibre. Le point sur ses bienfaits biologiques et psychologiques, nos freins à l’accepter et comment les dépasser !
Si vous preniez seulement deux secondes pour vous poser la question sur ce qui vous ferait plaisir, sans doute vous viendrait-il une foule d’idées folles, avant de vous offrir finalement un bon bain chaud aux huiles essentielles.
Bravo, les menus plaisirs ne se boudent pas !
Avouez toutefois que vous ne vous en autorisez pas si souvent. Quant aux grands plaisirs, ces moments de félicité qui tissent la toile de notre mémoire affective, sont-il suffisamment présents ?
Quel est l’enjeu avec le plaisir, pour qu’on ait tant de mal à s’y abandonner alors que c’est un élément clé de notre équilibre ?
Les bienfaits biologiques du plaisir
Bonne nouvelle, se faire plaisir fait du bien au corps… Ce n’est plus un secret, nos émotions s’accompagnent de modifications physiologiques, qu’elles soient positives ou négatives. « D’un point de vue biologique, les états de plaisir sont répercutés dans le corps par un pouls et une respiration ralentie, une baisse de la pression artérielle », signale le neurobiologiste Jean Didier Vincent, auteur du Voyage extraordinaire au centre du cerveau (Ed Odile Jacob). Savourer des cerises, ou bien tremper ses pieds dans une rivière de montagne, s’accompagne d’un flux d’endorphines, les hormones du plaisir, qui nous apportent autant de bienfaits qu’un massage.
Le plaisir : une clé de l’estime de soi
Se faire plaisir équivaut à se prendre en compte. Déguster un risotto, écouter le chant des baleines, en faisant fi des règles diététiques ou des sourires amusés de votre douce moitié, rehausse l’estime de soi. « Ne pas le faire, au contraire, crée des frustrations, qui répétées peuvent générer de l’agressivité ou inversement des coups de déprime » prévient Evelyne Bissone Jeufroy, coach et auteur de Quatre plaisirs par jour, au minimum. Prendre du plaisir est une affaire toute personnelle, en saisir la nature spécifique pour chacun, nous guide vers une meilleure connaissance de soi.
Nos freins au plaisir
Tabou, le plaisir ? « Bien entendu, sinon pourquoi s’en cacherait-on !", répond Evelyne Bissone Jeufroy. Encore aujourd’hui assimilé à un fruit défendu, inquiétant et culpabilisant, le plaisir essaie de se frayer un chemin entre gêne et inhibition… La faute à notre tradition judéo-chrétienne à laquelle nous semblons encore très attachés… Résultat : coincé entre la culpabilité d’en éprouver, et notre désir de perfection qui nous fait omettre nos besoins primordiaux, nous avons pris l’habitude de vivre sous pression, et non dans le plaisir…
Les pistes
« Quatre petits plaisirs par jour au minimum », recommande donc Evelyne Bissone. Oubliez tout jugement hâtif et censures. L’essentiel est de s’y mettre.
- Première étape : Explorer
« En matière de plaisir, votre meilleur guide réside dans votre sensorialité » signale Evelyne Bissone Jeufroy. C’est facile, ouvrez grands vos écoutilles et vos mirettes. Il y a sûrement des musiques qui vous donnent des sensations agréables, et d’autres moins par exemple. Faire le choix volontaire d’écouter un morceau qui vous fait du bien, c’est se faire plaisir. Idem pour les odeurs, et les autres sens. Ressentir est le mot clé, redonnez les rênes au corps peut vous emmener sur ce chemin : lui sait ce qui vous fait plaisir.
- Deuxième étape : Se souvenir
Les grands plaisirs ont en commun de marquer notre mémoire et de faire refluer à notre bon souvenir des frissons de plaisir.
Certains moments, souvent intenses, dans notre vie conservent un goût unique et savoureux. Parfois partagés ou bien vécus seuls, ils sont autant d’indications sur qui vous êtes. Les véritables piliers d’une vie épanouie. Partez à la recherche de ces moments-là dans votre cœur, et suivez leur piste.
- Troisième étape : Passer à l’action
Dressez la liste des menus et grands plaisirs que vous avez identifiés et engagez-vous à en honorer quatre par jour. Ça peut être très simple. Couchez sur le papier tout ce qui vous passe par la tête : Appeler une amie, croquer dans une pomme, lire deux-trois pages d’un livre, danser sur un morceau de musique… Il y a de grandes chances qu’au départ vous vous limitiez à un ou deux, peu importe, l’essentiel est de lancer la machine…
A lire : Quatre plaisirs par jour, au minimum. Evelyne Bissone Jeufroy. Ed. Payot ;
Le droit au plaisir. Paul Pearsall. Ed. Dangles.




