Vous passez vos journées à tirer à boulets rouges sur votre jules, votre maman, ou le voisin de palier ? Essayez la communication non violente, une méthode qui propose de remplacer les reproches par le dialogue.
Fondée sur une approche chère à Gandhi, cette méthode a été mise au point il y a plus de 40 ans, par Marshall Rosenberg, docteur en psychologie clinique.
« Elle vise à créer entre les êtres humains des relations fondées sur l’empathie, la compassion, la coopération harmonieuse et le respect de soi et des autres », explique Pascale Molho, médecin et formatrice certifiée en CNV (1).
Il s’agit d’un outil de communication, principalement verbal, qui peut servir à la résolution de conflit, et dont la pratique permet à terme d’améliorer la relation à soi. En pratique, mieux vaut préciser que ça bouscule pas mal nos habitudes.
Petit training en 4 étapes.
- Rester factuel
Nous avons la fâcheuse manie d’interpréter. Petit exemple : Vous vous êtes pomponnée pour une soirée romantique et lui (comme d’hab) se jette en rentrant sur un verre, et sur son mag préféré. Mais pas sur vous ! Il y a fort à parier que vous allez lui sortir une gentillesse, du type : « tu as un peu grossi, non ?", en ruminant que le fait qu’il ne vous regarde plus, et donc, c’est évident, qu’il ne vous désire plus….
En CNV : Tenez-vous en aux faits ! « Être factuel permet de sortir de l’interprétation, et donc du jugement, les deux principaux pièges de la communication », soulève Pascale Molho. Essayez plutôt : « Je note que ton intérêt pour les journaux de sport va croissant, tu ne m’as même pas embrassé alors que moi j’essaye de t’envoûter avec ma jolie robe ». Vous allez provoquer une prise de conscience et ouvrir le dialogue.
- Cesser d’être victime des autres
Votre chère maman, qui ne travaille plus, vous fixe un rendez-vous pour déjeuner. Vous qui travaillez, plutôt deux fois qu’une, arrivez à l’heure, elle non ! C’est sûr, vous allez être d’une humeur de dogue et sans doute peu aimable.
En CNV : Vous savez inconsciemment que votre maman adorée n’est pas totalement responsable de votre humeur. Mais l’occasion est trop belle. « Il y a souvent une confusion entre le facteur déclenchant et l’humeur qui nous traverse », explique Pascale Molho. En clair : un même événement peut avoir des conséquences tout à fait différentes.
« Reprenez plutôt la responsabilité de votre agacement et parlez de vous » suggère Sylvie Valentin, infirmière, formée à la méthode. Dites plutôt : J’ai un stress énorme au boulot, je cours pour te rejoindre. Et toi tu n’es pas là, je le vis super mal. Du coup je me sens moins disponible… « Vous verrez que la révolution communicative est en marche et avec elle, vos relations mère-fille.
- Nommer vos besoins
Pour la énième fois, votre meilleure amie Juliette vous appelle à une heure impossible pour vous conter ses mille et un malheurs. Vous l’adorez, mais là elle dépasse les bornes… Vous êtes à deux doigts de lui hurler dessus que vous n’êtes ni son psy ni sa mère.
En CNV : Nommez vos besoins, « Au lieu d’attendre que les autres les devinent ", propose Sylvie Valentin. Ne pas en tenir compte peut entraîner de la frustration, dans le meilleur des cas, voire de la dépression. Vous aimeriez qu’elle vous demande par exemple, si elle ne vous dérange pas ? Dites-le lui. Vous auriez besoin vous aussi de partager vos joies comme vos petits soucis ? Dites-le lui. Pascale Mohlo est intraitable sur le sujet : « Pour qu’il y ait communication non-violente, il faut que les besoins de chacun soient affirmés et entendus. »
- Miser sur le ressenti
En soirée votre jules a la fâcheuse habitude de vous lancer sur un sujet qui, il le sait, va fasciner l’assemblée. Mis à part que vous n’aviez pas prévu de monopoliser la conversation sur l’aromathérapie vibratoire, ou les rituels chamaniques de printemps ! Et vous ne savez jamais s’il ne se moque pas de vous, de vos lubies… Ce qui vous rend toujours un peu triste ou confuse
En CNV : communiquez sur vos émotions au lieu de penser que c’est une marque de faiblesse, et qu’il va vous trouver compliquée, chiante, ou premier degré. « " Tenez compte de vos ressentis, ils vous informent de vos besoins, et indiquent s'ils sont satisfaits ou pas ", précise Pascale.
Oser dire même maladroitement que cette attitude vous met mal à l’aise. Lui donner cette information va forcément le toucher et avoir des répercussions « inattendues ». Le but étant finalement de lâcher tous nos préjugés sur ce que l’autre peut entendre ou pas. La clé, c’est de privilégier la qualité de la relation au lieu du résultat.
(1) Coordinatrice de Stage de communication non-violente. Les bases, le dialogue, le défi du dialogue. www.nvc-europe.org.
(2) Sylvie Valentin anime des stages de créativité, avec le modelage de la terre et la CNV pour naître à soi-même. Tel : 06 85 41 90 76.
A LIRE
Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs). Introuction à la communication non-violente, Ed. La découverte ; Du même auteur : La communication non violente au quotidien, Editions Jouvence .




