Pandémie, crise financière, catastrophe climatique… Au secours ! La tentation est forte de prendre ses jambes à son cou, mu par une émotion de type « archaïque » mais toujours d’actualité : la peur.
Retour sur un mécanisme physiologique, une émotion racine, pour mieux la dépasser, voire même en tirer des bénéfices !
Bien nichée au cœur de notre cerveau et de notre système nerveux, la peur est souvent la première à apparaître lorsque l'on doir faire face à de grands bouleversements. Entraînant dans son sillage bien des craintes voire des angoisses. « Il faut savoir que, la peur, cette information initiale précède toutes autres manifestations émotionnelles, que ce soit nos accès de tristesse, ou encore nos colères fulgurantes » souligne Catherine Aimelet-Perissol (1) docteur en médecine, homéopathe et psychothérapeute.
Ce mécanisme d’urgence se déclenche dans notre cerveau limbique lors de situation perçue comme dangereuse. Sa fonction est bien réelle ! Sans lui nous ne décamperions pas, ni devant un bus qui nous coupe la route, ni face à un individu violent.
Des peurs plus irrationnelles
Mais qu’en est-il des peurs plus irrationnelles, comme une menace d‘épidémie, de chômage, ou d‘éventuel tremblement de terre ? « Heureusement en France nous ne risquons rien » partage un homme d’une quarantaine d’année au comptoir d’un café, devant un article sur le dernier séisme à Sumatra. L’air en fait pas si rassuré ! Une information perçue comme alarmante, et voilà le petit vélo du mental, et le ballet des émotions qui s’emballent avec à la clé un stress intense, et beaucoup d’anxiété. « En réalité, ce type de bouleversement sur le mode planétaire peut aller jusqu’à réveiller des peurs reliées à la survie, comme celle de ne plus avoir de toit, d’avoir des difficultés à se nourrir, à se vêtir, de tomber malade » souligne Hervé Magnin (2), psychothérapeute et comportementaliste. Même si les conséquences sont souvent fantasmées, ces peurs « irrationnelles » opèrent un travail de sape, dont il faut tenir compte.
Prendre du recul
« Faites-en un moteur d’action », invite Catherine Aimelet-Perissol ! Bien sûr que le risque de paniquer existe, et c’est bien naturel. Regarder vos peurs en face, vous y confronter, vous apportera pourtant davantage que d’être dans le déni, même si c’est difficile. Il s’agit alors de prendre du recul, et d’examiner objectivement la situation. Posez-vous la question : Quels sont les risques réels pour vous ? A quelles incertitudes cela vous renvoie-t-il ? Et revenez à l’essentiel : Au-delà d’éventuelles menaces de perdre… votre pouvoir d’achat, ou de rester une semaine couchée (en cas de grippe A ou autre) qu’est-ce qui est important pour vous, d’inaltérable, sur lequel vous pouvez vous s’appuyer ?
La peur devient alors une formidable occasion de se recentrer sur ce qui a du sens pour vous et vos valeurs. D’ouvrir à nouveau les yeux sur ce qui nous est cher : notre famille, nos amis…. C’est aussi une invitation à retrouver votre libre-arbitre (et ce n'est pas rien aujourd'hui...).
Cultiver des états d’âme positifs
Il est possible d’atténuer l’impact de la peur, en pacifiant nos états négatifs, en faisant de la place à nos états d’âme positifs, voire en en produisant davantage. « Nous avons pris l’habitude d’amplifier ce qui a facilité notre survie. Non pas ce qui améliore notre qualité de vie » constate le psychiatre Christophe André (3). D’où ce focus qu’opèrent la plupart d’entre nous sur nos états d’âme négatifs, avec lesquels nous sommes plus familiers.
Chercher à ne plus ressentir de peur, n’est pas forcément la bonne voie, il faut plutôt tenter de ne pas se laisser dominer par elle. Selon le psychiatre, « des pratiques comme le Tai-chi, le yoga, la méditation permettent peu à peu de se pacifier. » Il suggère d’augmenter le temps de conscience de soi, se poser pour respirer et sentir comment on va, est un premier pas. Sans se juger, ni se jauger, juste sentir et accepter : un premier pas ver le dépassement !
Visuel : www.dvdrama.com
(1) Mon corps le sait. Catherine Aimelet-Perisol. Ed. Robert Laffont.
Son site : www.logiqueemotionnelle.com
(2) Surmonter ses peurs, enfin libres. Hervé Magnin. Ed Jouvence.
(3) Les états d’âme. Un apprentissage de la sérénité. Christophe André. Ed. Odile Jacob




Quand les crises arrivaient, je m'asseyais, respirais profondément et sentais tous mes membres en me répétant, je sens mes pieds toucher le sol, je sens le poids de mes jambes, je sens etc ...C'était un exercice d'ancrange qui fonctionnait bien.
Bon courage !