Le clown est une invitation à exprimer nos émotions. L’art-thérapeute Lydia Rozenberg choisit le nez rouge pour inviter chacun à se rencontrer sans fards et retrouver sa spontanéité et sa joie de vivre…
La plupart du temps, faire le clown nous renvoie au cirque de notre enfance, avec pitreries et nez rouge… Dans un atelier, le but recherché est au contraire de se mettre à nu, et d’exprimer ses émotions, souvent refoulées, en dédramatisant. Le nez rouge n’est pas anodin, « c’est le plus petit masque qui soit et qui est capable, en même temps, de démasquer », explique Lydia Rozenberg, psychothérapeute et animatrice de l’atelier. Avoir sur le nez cette petite boule rouge va faire sauter nos masques invisibles et nous permettre de nous laisser aller, et de nous livrer avec davantage de spontanéité.
Retour au corps
Habillés décontractés, nous sommes une dizaine, à nous retrouver dans une salle spacieuse, à Aubervilliers. L’atelier commence par une méditation dynamique, pour nous aider à prendre conscience de notre corps. Debout, on se déplace lentement sans musique pour trouver son propre rythme. Puis s‘ensuivent des échauffements, pour bouger le cou, les épaules, les hanches... Autant d’exercices pour nous aider à quitter le mental. Puis peu à peu sans qu’on s’en rende vraiment compte, les consignes nous conduisent à jouer des émotions : « Vous avez 16 ans et vous avez un rendez-vous amoureux. Comment vous sentez-vous ? joyeux, anxieux ? » Toujours en mouvement, les affects circulent dans le corps et s’expriment. Nous y voilà, enfin presque… Le plus drôle reste à venir !
Distribution de nez rouge
En cercle, avec dans la main, le nez rouge que Lydia vient de nous distribuer, nous voilà bien empotés. Ouf, nous n’aurons pas le temps de nous poser de questions. La consigne fuse : le poser au bout de son nez et se passer une émotion de l’un à l’autre, la colère, la tristesse… On procède par mimétisme, mais en réalité on travaille l’écoute de l’autre. Puis Lydia nous propose de prendre quelqu’un à témoin et de jouer ce qui est là, sans réfléchir : l’autre me fait peur, ca m’énerve ce nez rouge, mais qu’est-ce que je fais là, tu sais, je crois que mon père ne m’aime pas… Le principe est simple : contacter une émotion et aller vers quelqu'un. Le travail est basé sur la présence à soi, qu’on se sente embarrassé, ou sûre de soi. Tout se joue avec le corps et le regard.. « L’essentiel est de ne rien préméditer, juste être là, » conseille la thérapeute.
D’étranges bienfaits
La sensation est étrange, comme une perte de repère, doublée de l’impossibilité d’élaborer quoi que ce soit… Le plus dur ? lâcher son image, le côté « meilleur profil », d’autant plus qu’on découvre que le clown est tout sauf notre meilleur profil… Il peut apparaître grincheux, farceur, timide, bête aussi. Avouons qu’arrêter d’être pertinent, de bonne humeur, aimable fait un bien fou. Fatigant, c’est vrai, mais aussi vitalisant et jubilatoire après. « Je suis plutôt timide, habituée à ne jamais dire ce que je pense vraiment, maintenant j’en prends le risque, même si c’est maladroitement, » confie Julie 35 ans. Alors, c’est bien de faire le clown ? Surtout un excellent moyen de libérer ses émotions et de dédramatiser !
Stage de clown. Être soi en toute liberté et jouer avec qui l'on est.Du samedi 10h au dimanche 19 h. tarif : 180 Euros. Rens : Lydia Rosenberg. Tel : 06 16 29 21 04. E-mail :
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Et aussi : www.clownattitude.com avec la compagnie Boulaclown propose des ateliers de découvertes de son propre clown et des formations de clowns à l'hôpital.
www.lacompagniedugrain.com à Marseille.




