
Naiah, c’est l’histoire de Christelle et Brigitte, deux cousines rĂ©unionnaises qui voulaient monter une affaire ensemble. Elles choisissent la mode version voyage romantique et Ă©thique en revisitant les classiques chinois, mexicains, africains ou victoriens. Rencontre.
Â
Â
Â
C’est dans l’appartement-atelier de Christelle qu’a lieu le rendez-vous avec le duo. Salopette en jean et petit chemisier blanc Ă manches ballon, elle a l’air dĂ©contractĂ©. Elle avoue pourtant ĂŞtre une « handicapĂ©e de la parole » prĂ©fĂ©rant laisser Brigitte parler Ă sa place. Mais manque de chance, sa cousine est en retard. « On avait la volontĂ© de crĂ©er quelque chose ensemble mais on ne savait pas trop quoi. On a dĂ©cidĂ© de mettre en commun nos expĂ©riences, car nous sommes complĂ©mentaires ». BTS stylisme, Ă©cole de mode, passage dans des bureaux de tendances, Kenzo et Lacroix pour elle. Formation gestion option marketing et carrière dans l’agroalimentaire (NestlĂ©, Danone, Barilla) pour Brigitte. La première est artiste et tĂŞte en l’air, la seconde pragmatique et terre-Ă -terre. C’est cette complĂ©mentaritĂ© qui permet au duo de fonctionner et d’avancer. Et ce qui les rapproche incontestablement, c’est leur amour pour la RĂ©union. Toutes les deux y sont nĂ©es avant de venir poursuivre leurs Ă©tudes en mĂ©tropole.
 "On a galéré au début comme tout le monde"
 Avant d’avoir leur boutique dans le Marais, quartier fashion par excellence, les deux cousines ont dĂ» batailler ferme. Au printemps 2006, en se promenant dans ce quartier, elles tombent sur un local dont le bail est Ă cĂ©der. Après un parcours du combattant administratif, l’ouverture de la boutique Naiah a lieu le 27 octobre. « On a galĂ©rĂ© au dĂ©but comme tout le monde. On a fait des expos ventes, des concours de jeunes crĂ©ateurs et c’est comme ça qu’on a constituĂ© notre clientèle grâce Ă un système de mailing. Aujourd’hui, nous avons un fichier de 4 000 Ă 5 000 noms explique Christelle. Avoir une boutique, c'est essentiel, cela permet de fidĂ©liser la clientèle et mĂŞme si on a toujours envie que cela avance plus vite, on voit nos clientes revenir d'une collection Ă l'autre et c'est vraiment fantastique » ajoute Brigitte. Les deux cousines se paient mĂŞme le luxe d’inviter d’autres jeunes crĂ©ateurs Ă exposer chez Naiah. « Ce n’est pas un milieu facile alors il y a une dĂ©marche humaine bien sĂ»r, mais aussi commerciale car ça fait aussi venir les clients, qui dans ce quartier ont un certain pouvoir d’achat. »
Business is business
Oui mais pas n’importe comment. C’est très clair. « L’Ă©thique fait partie intĂ©grante de notre dĂ©marche et nous privilĂ©gions un dĂ©veloppement basĂ© sur le partenariat avec des artisans malgaches proche de nos origines ou avec des villageoises de la province de Dakar et leurs voiles de coton issus du commerce Ă©quitable . Nos valeurs reposent sur la qualitĂ© de nos matières naturelles avec par exemple le bambou dans la dernière collection, l’opposition entre tradition et innovation et surtout sur une production qui repose sur une fabrication artisanale française ». C’est dit. Ces filles ne veulent pas faire du beau sans faire du bien. Et d’autres projets sont en cours pour dĂ©velopper des partenariats locaux. Et quand on dĂ©couvre Naiah pour la première fois, seules la puretĂ© des coupes, la qualitĂ© des tissus et l’originalitĂ© des imprimĂ©s attirent l’œil. L’Ă©thique n’est pas particulièrement mise en avant, elle va de soi. C’est ce supplĂ©ment d’âme qui rend cette marque si attachante.
Connectez-vous sur www.naiah.fr, le très joli site concocté par Fred, un autre cousin de cette famille décidément bien talentueuse et profitez des soldes encore quelques jours !
Â
Â




