
Devenues le fer de lance des économies d’énergies, les lampes* basse consommation n’ont jamais autant eu le vent en poupe.
Luminosité, durée de vie mais aussi dangerosité, gros plan sur les questions que vous vous posez avec Pierre-Yves Monleau, chargé environnement et communication au Syndicat de l’Éclairage.
TDM : Quelles est la principale différence entre une lampe fluo-compacte et une lampe classique ?
J-Y M : C’est une différence de technologie. On connaît l’incandescence depuis le XIXe siècle grâce à Edison. Le principe est simple : le courant passe dans un filament en tungstène qui chauffe à tel point qu’il produit de la lumière. Les lampes fluo-compactes sont constituées d’un tube en verre dont la paroi interne est recouverte d’une couche de substance photoluminescente et contiennent de la vapeur de mercure. Une décharge électrique dans cette vapeur produit un rayonnement ultraviolet transformé en lumière visible par la couche de poudre.Â
TDM : Quels sont les inconvénients des lampes basse consommation ?
J-Y M : Il y a ce que j’appellerai un « temps de chauffe » de l’ampoule de quelques secondes qui dépend de la qualité du produit. Mais aucune ampoule ne produit de lumière optimale instantanément.
TDM : Les lampes basses consommation sont-elle utilisables dans toutes les pièces ?
J-Y M : On peut bien sûr les utiliser comme on le veut et où l’on le veut. Il faut savoir que la qualité de la lumière produite n’atteint pas encore celle d’une lampe classique car c’est encore celle qui se rapproche le plus de la lumière naturelle. On peut donc coupler les deux pour avoir la lumière désirée. Par contre, à cause du « temps de chauffe » de ces lampes, il n’est pas judicieux dans une maison de retraite de les placer dans un escalier…
TDM : Comment expliquer le prix plus élevé des ampoules à économie d’énergie ?
J-Y M : La technologie est tout simplement plus chère. Les lampes fluorescentes compactes contiennent de l’électronique, nécessitent des investissements plus lourds… Elles sont plus chères à l’achat mais il faut savoir qu’une lampe à économie d’énergie dure entre 6 et 15 fois plus longtemps qu’une lampe classique. Il faut donc comparer une lampe basse consommation à 6 à 15 lampes à incandescence. En terme d’économies d’énergie, si l’on remplace une lampe classique de 100 W par une lampe fluo-compacte, on gagne environ 80 € en fin de vie de cette dernière.
TDM : Un banc d’essai réalisé par le Criirem (Centre de Recherche et d’Informations Indépendantes sur les Rayonnements Électromagnétiques) et l’Arca Ibérica épingle les lampes fluo-compactes en raison de leur potentielle dangerosité. Quelle est la position du Syndicat de l’Éclairage à ce sujet ?
J-Y M : Ces lampes ne représentent aucun danger. Bien sûr, elles émettent un champ électromagnétique comme tous les appareils électriques mais à des seuils très faibles. Nous attendons une étude indépendante et officielle de l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail), qui a été saisie par l’ADEME selon un protocole scientifique rigoureux pour rassurer tout le monde.
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*Dans le langage courant, on utilise le terme « ampoule » pour désigner une source lumineuse. Or, les professionnels du secteur rappellent que l’ampoule n’est que la partie en verre de la lampe, et que le terme "lampe" désigne l’objet dans sa globalité.
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Où jeter son ampoule à économie d’énergie?
Contenant une infime quantité de gaz à base de vapeur de mercure (0,005 % du poids de l’ampoule), c’est un déchet dangereux pour l’environnement qui ne doit pas finir avec vos ordures ménagères. Comme les piles, elle a besoin d’un traitement spécifique. Rendez-vous sur le site www.malampe.org pour localiser le point de collecte le plus proche de chez vous. Sinon, le meilleur geste est encore de la rapporter à votre distributeur qui est dans l’obligation de la reprendre.

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