Exit le teck de Birmanie, l’acajou d’Amérique du Sud et autres bois rares. Aujourd’hui, les fabricants de meubles se tournent vers des forêts durablement gérées, du bois certifié… Autant d’alternatives pour protéger des écosystèmes à bout de souffle.
Connaissez-vous la provenance du bois de votre table basse ou celle de votre armoire ?
Avec la sensibilisation du grand public aux problèmes environnementaux, il est de plus en plus facile de savoir de quel pays provient ce bois et surtout s’il a été produit dans de bonnes conditions.
« Le conseil que nous donnons pour tout achat de bois est de privilégier l’achat de bois local ou français. Mais, si vous êtes vraiment obligé de prendre du bois exotique, le seul label crédible et encensé par les ONG environnementales est le FSC - Forest Stewardship Council ", prévient Grégoire Lejonc, chargé de campagne Forêts à Greenpeace.
Crée en 1993 après le second Sommet de la Terre de Rio par des propriétaires forestiers, des entreprises de la filière bois et des ONG, cet écolabel bénéficie de la caution de Greenpeace et du WWF et garantit la durabilité ainsi que la traçabilité du bois.
Il faut savoir que le commerce du bois est l’un des moins réglementé et qu’il existe un véritable marché illégal à l’échelle mondiale (du bois coupé dans des réserves naturelles par exemple).
Une étude du WWF britannique de 2005 montre que 39% des importations françaises de bois tropical étaient issues d'une exploitation illégale des forêts. Le gros problème avec ce bois étant qu’il est l’un des moteurs de la déforestation, qui elle-même a des conséquences désastreuses : « Au niveau mondial, 20% des émissions de gaz à effet de serre sont dus à la déforestation. 13 millions d’hectares de forêts disparaissent chaque année, soit l’équivalent d’un quart de la France » rappelle Grégoire Lejonc.
Conscients des problèmes environnementaux liés à ce secteur, les professionnels s’organisent et l’offre en bois « durable » commence à émerger à l’image d’EcoDesign Bois de Bourgogne. Cette opération, soutenue par la Région bourguignonne, sa filière bois ainsi que l’ADEME, réunit 11 designers et 9 entreprises d’ameublement spécialistes en éco-conception. Ces 20 éco-designers ont ainsi exposé leurs créations au salon du Meuble à Paris en janvier dernier pour se faire connaître et montrer que respect de l’environnement peut rimer avec production en série. Même les grandes surfaces s’y mettent : Carrefour a récemment lancé des salons de jardins labellisés FSC à moins de 500 euros.
Bois illégal
Greenpeace a mis en ligne une cyber pétition le 18 juin pour la mise en place d’une législation européenne sur le bois, car « il est fondamental de définir la légalité du bois mis sur le marché » déclare Grégoire Lejonc. Les pays les plus touchés par le commerce illégal du bois sont le Brésil, les pays d’Afrique centrale comme la République démocratique du Congo ou le Cameroun, l’Indonésie et la Russie. Il y a aussi ce que l’on appelle le « bois de conflit » comme le teck de Birmanie où le pillage des ressources naturelles ne profite absolument pas à la population mais à la junte militaire en place. En achetant ce bois, on ne fait que renforcer ces dictateurs.
Pour en savoir plus :
-Â Â Â www.fsc-france.org
-Â Â Â www.greenpeace.org
-Â Â Â www.aprovalbois.com
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