Deux piles sur trois finissent à la poubelle ou dans la nature alors que depuis 2001 la loi impose aux revendeurs de les collecter afin de permettre leur recyclage. Le point avec Pierre Chabret, volontaire aux Amis de la Terre.
TDM : Quel est l’impact écologique des piles retrouvées dans la nature ?
Pierre Chabret : La plupart des piles non collectées finissent en centre d’enfouissement ou à la déchetterie. Le problème c’est qu’elles contiennent des métaux lourds comme le mercure ou le cadmium lesquels se retrouvent ensuite dans les sols. Cette pollution a des conséquences sur la santé des animaux et des Hommes.
TDM : Le meilleur geste est donc de les ramener dans les points de collecte…
P.C : Pour moi, le meilleur geste, c’est la prévention des déchets. Cela évite la pollution et l’extraction de matière première comme le mercure ou le nickel pour la production des piles. Quand on peut ne pas se servir de pile, il ne faut pas s’en servir. Des petits gestes comme le recours à l’énergie solaire évite leur utilisation. Sinon, quand on ne peut pas s’en passer, il y a les piles rechargeables.
TDM : Y’a-t-il des cas ou les piles jetables sont préférables aux rechargeables ?
P.C : On est dans une logique de cas particulier. Pour une horloge dont on change la pile tous les 6 ans, les piles jetables sont plus appropriées. Mais quand on doit utiliser une pile, autant qu’elle soit rechargeable.
TDM : Comment expliquer le faible taux de collecte des piles (environ 30%) ?
P.C : Le message n’est pas assez clair. Ce n’est pas le petit sigle sur les emballages de pile qui va attirer l’attention des consommateurs. Le but est de ne pas jeter les piles n’importe où. Il faut de la sensibilisation de masse par les organismes spécialisés (Screlec et Corepile, financés par les distributeurs pour organiser la collecte et le traitement des piles usagées NDLR) et faire prendre conscience aux gens que les piles ne sont pas des déchets anodins. Dans la grande distribution, il faudrait mettre en place des collecteurs plus visibles. S’il faut les chercher partout, ça n’incite pas à agir.
TDM : Parlez-nous de l’opération « Sème pas tes piles » lancée par la section parisienne des Amis de la Terre.
P.C : Le groupe a mené l’enquête sur les lieux de collecte dans la capitale. Ils se sont rendus dans différents supermarchés et le constat est que les collecteurs ne sont pas facilement trouvables ou identifiables* quand ils existent. Une brochure** a également été éditée pour expliquer cette problématique. Il y a 3 semaines, ils ont fait une opération dans différentes enseignes pour montrer aux consommateurs qu’ils sont en droit de demander des points de collecte.
TDM : Vous participez à la transcription d’une directive européenne sur la collecte des piles et accumulateurs mais vous n’êtes pas satisfait. Pourquoi ?
PC : Cette directive fixe un objectif de 25% de collecte en 2012 et 40 % en 2016. Sauf que la France dépasse les objectifs de 2012 et ne s’impose pas d’obligation chiffrée pour l’avenir. C’est pourtant l’occasion de se fixer des objectifs ambitieux. Or, il n’y a aucune volonté d’aller plus loin.
*Résultats de l’enquête sur : http://www.amisdelaterre.org/Seme-pas-tes-piles.html
** Brochure disponible sur :www.cniid.org
Pour aller plus loin :
Ce qu’on rapporte dans son supermarchéLes piles bâtons qu’on utilise dans les jouets, les baladeurs…
Les piles boutons contenues dans les montres qui sont très dangereuses
Les accumulateurs comme les batteries de téléphone portable




