
Saviez-vous que le bouquet acheté pour égayer votre pièce à vivre était un grand voyageur ? Souvent importées des pays du Sud, notamment le Kenya, ces fleurs ont un lourd impact écologique et social. Coup de projecteur sur une industrie florissante mais polluante.
La St Valentin, la fête des mères ou des grands-mères sont autant d’occasions d’offrir des fleurs. Et à ce jeu-là, la rose tire son épingle du jeu. Ou plutôt son épine. Principalement importée du Kenya mais aussi du Zimbabwe ou d’Équateur, la Reine des fleurs peut parcourir plus de 3000 Kms avant d’arriver jusqu’à chez vous. Mais elle peut également provenir des Pays-Bas, premier producteur de fleurs au monde, ce qui n’est pas forcément mieux écologiquement parlant. Une rose hollandaise qui a poussé sous serre chauffée et éclairée 24h/24 par de la lumière artificielle émet 0,670 kg de CO2 contre 0,335 kg pour une rose kenyane « cultivée » en plein air et transportée par avion.
Une logistique sur-mesure
Pour que la rose kenyane truste les étales des fleuristes européens, il a fallu mettre au point une logistique sans faille. À peine cueillie, elle est envoyée à Amsterdam, où elle sera revendue à des grossistes de l’Europe entière. De là, elle embarque pour Rungis où les détaillants viendront s’approvisionner. Cette opération n’aura pris en tout que 5 à 7 jours, un laps de temps relativement court car il s’agit d’offrir au client final – vous - la qualité et la durée de vie les meilleures possible. La main-d’œuvre bon marché et les Accords de Partenariat Economique (APE) signés avec l’UE pour libéraliser les relations commerciales ont fait le reste.
De lourdes conséquences
Pour produire des fleurs à si grande échelle, il est nécessaire d’utiliser de l’eau. Beaucoup d’eau. Seule solution, puiser dans les nappes phréatiques. L’horticulture est également très friande de pesticides. Surtout dans les pays du Sud où les normes ne sont pas toujours les mêmes que sur le Vieux continent. Au Kenya, l’essentiel de l’industrie horticole est concentré dans la région de Naivasha et de son lac, l’un des rare à renfermer de l’eau douce. Autant vous dire qu’il est lourdement menacé par cette activité tout comme la faune environnante. Les ouvriers agricoles ne sont pas en reste. Souvent mal protégés, ce sont les premiers à subir les risques de l’exposition à ces pesticides très nocifs.
Une alternative ?
Inutile de boycotter votre fleuriste ou de cultiver vos propres fleurs. Mais, sachez qu’il existe d’autres solutions.
- Le marché aux fleurs d’Hyères (Var) met ainsi en avant la production française et privilégie la culture locale de saison sans toutefois faire une croix sur l’importation. « La pivoine que nous produirons à partir d’avril représente le printemps et les clients n’en ont pas forcément envie en février. Même si on pourrait en faire venir du Chili. » explique Dominique Jullien Paletier, responsable de l’offre au marché aux fleurs d’ Hyères. « L’importation sert à faire entrer des fleurs que nous n’avons pas » ajoute-t-il.
- Au rayon fleur française, on trouve aussi Rosavenir.com qui propose des roses équitables depuis 2005.
- Chez Truffaut ou sur le site Bebloom.com, on trouve des fleurs labellisées Max Havelaar garantissant une juste rétribution des ouvriers agricoles et le respect de normes environnementales. Pour trouver le détaillant le plus proche de chez vous, rendez-vous sur Ethiflora.fr
www.truffaut.com <http://www.truffaut.com/>
www.rosavenir.com <http://www.rosavenir.com/>
www.bebloom.com <http://www.bebloom.com/>
www.ethiflora.fr <http://www.ethiflora.fr/>




