Nomades, sédentaires…Nos vies souvent balancent entre désir d’ailleurs et désir d’enracinement. Certains excluent pourtant de leur vie, l’entre-deux. Immobiles, ils deviennent des gardiens : de leur terroir, de leur famille, de leur bonheur. L’autarcie n’est pas loin et avec elle le fantasme de toute puissance.
Les autres, arpenteurs permanents, nourrissent une véritable passion pour le changement, l’improvisation, le temps joyeux. Le vrai nomade est toujours de passage : dans cette ville, dans ce pays car il sait que nous le sommes tous dans cette vie. Irréductible, il ne se laisse pas facilement gouverner car ses lèvres ont le goût de l’océan et du ciel à perte de vue.
Nomade et sédentaire doivent apprendre à se parler. Comme le fleuve et l’arbre. L’un offrira sa passion pour la liberté, son refus du temps chronométré et sa capacité à tisser les altérités. L’autre offrira, la force de ses cultures, la bienveillance du foyer, le temps des générations futures.
De leur dialogue naît un monde mélodique où les différences se répondent sans se dissoudre. Sans les villes cosmopolites, les terroirs ne pourraient être exaltés.
Le voyageur est à la fois nomade et sédentaire. Il a appris d'eux le goût pour l'autonomie et l'humilité. Il n’est pas un touriste qui compare ou qui capterait une réalité tel un spectateur devant un écran. Il regarde et ressent. Il est en empathie avec cet autre si semblable et pourtant si différent. Plaisir de l’étrangeté où d’un seul coup, nous avons oublié notre propre enracinement pour entrer dans un monde inconnu. Ainsi, s’offre à nous le luxe de découvrir autre chose. Au-delà du temps social accéléré, du pardon ou de la condamnation, nos yeux sourient devant l’évidence : l’arbre est devenu fleuve. La rencontre a eu lieu. Le monde est toujours le même et pourtant déjà, il a changé. Un nouveau lien est tissé.
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