Quand je vois les éducateurs manquer de moyens, les postes de RASED (réseau d'enseignants spécialisés pour les élèves en difficultés) supprimés, les instituteurs travailler dans des classes surchargés qui ressemblent à des cocottes minutes, je me dis que notre société ne se donne décidément pas les moyens de faire de tous nos enfants des êtres épanouis. Je sais, vous vous dites que je suis une idéaliste, que je ne connais rien à la situation sur le terrain. Détrompez-vous, je connais bien la rage que certains enfants peuvent éprouver. Je la vois dans leurs yeux. Mais je vois également l'espoir, la curiosité, l'envie de devenir quelqu'un ... Les délinquants d'aujourd'hui sont toujours des enfants !
A la veille du vote de la loi relative à « la participation des citoyens au fonctionnement de la justice pénale et le jugement des mineurs » à l’Assemblée nationale, je me demande pourquoi nos politiques font-ils l'économie d'un débat de fond sur la question de la délinquance. La situation est certes difficile et complexe. Il n'y a pas une seule solution mais plutôt des dizaines. Et je ne suis pas la seule à penser que nous allons droit dans le mur. J'ai reçu un communiqué de presse de l'UNICEF et de la CNAPE (Convention Nationale des Associations de Protection des Enfants) qui résume les dangers de cette politique. Voici un extrait :
"L’UNICEF France et la CNAPE regrettent que la logique répressive et sécuritaire l’emporte au détriment des droits de l’enfant et d’une véritable politique à la hauteur des questions que pose la délinquance juvénile à notre société. « L’adoption de ce projet de loi constitue un grave recul en matière des droits de
l’enfant. La France, qui a été pourtant porteuse de la Convention internationale des droits de l’enfant, se place donc aujourd’hui en non-conformité avec celle-ci. Plus largement, elle révèle le manque cruel d’une politique globale de l’enfant. La jeunesse peut-elle être réduite à un problème de délinquance ?», s’interroge Fabienne Quiriau, Directrice générale de la CNAPE.
« L’heure est à l’indignation ! Nous n’avons pas été entendus sur l’exigence d’une justice spécifique et adaptée aux enfants, dans le respect de la Convention internationale des droits de l’enfant. Les choix politiques courageux qui misent sur le bien-être des enfants et leur épanouissement, visant le développement d’une société protectrice des plus faibles et valorisant la jeunesse ont manqué. Aucun des amendements proposés par les députés qui soutiennent notre position n’a été retenu. Demain, à l’issue du vote, c’est la justice des mineurs qui sera condamnée, » déclare Jacques Hintzy, Président de l’UNICEF France. " Fin de citation.
Pour l'UNICEF c'est une énorme déception. Depuis 2010, l'organisation non gouvernementale a essayé de lutter contre la logique répressive et sécuritaire de la France. Pour moi, citoyenne lambda, c'est encore une nouvelle source d'indignation et de colère : si l'Etat ne protège plus les plus fragiles d'entre-nous, qui va le faire ?
Vous pouvez retrouver tout le dossier sur
http://www.unicef.fr/contenu/actualite-humanitaire-unicef/exigeons-une-justice-juste-pour-les-enfants-2009-08-31
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