Cette année encore, je ne fêterai pas, nous ne fêterons pas la fête des mères. Et puis quoi encore ?
C'est bon, mon fils a passé l'âge des colliers de nouilles et des fleurs en papier, alors on va plutôt se concentrer sur les élections européennes. Je sais, je dois faire à peu près le contraire de la majorité des Français qui vont appeler leur maman sur un ton ravi et niais à la fois, et omettre d'aller voter... C'est comme ça.
Encore que je suis heureuse, car à la rédaction, j'ai pu constater que je ne suis pas la seule dans mon cas et que nous avons une overdose des "jolis coffrets de parfum" dont on veut nous faire parler pour cette célébration kitsch de la maternité.
Egalité des sexes oblige, rassurez-vous, chez nous, on ne fête pas non plus la Fête des Pères.
C'est vrai, ces fêtes pétainistes ne sont pas vraiment à notre goût - le côté Travail, famille, patrie probablement-, pas plus que les fameux Ordres - des médecins, des pharmaciens, des notaires... -, que le "Maréchal nous voilà" nous a légué en souvenir et que l'on a "oublié" de supprimer à la Libération. Ne serait-il pas temps d'y penser ?
J'entends bien ce qu'il y a de subversif à oser critiquer cette si jolie fête rose layette pour laquelle tant de publicités s'étalent sur les murs de nos cités. J'aime ma maman, mais s'il a un jour où je n'ai pas l'intention de lui faire un cadeau, c'est celui-là. Heureusement, elle non plus, elle n'y tient pas. Et de mon côté, mon adolescent de fils s'amuse depuis quelques jours à m'expliquer par le menu tout ce qu'il ne m'offrira pas dimanche.
Je pense également que les rituels de vie sont (très) importants, tout comme le fait de rappeler tout simplement aux gens que l'on aime à quel point ils comptent pour nous.
Raison de plus pour oublier ces "rituels" de consommation, d'où le sens profond est exclu. Et qui nous évitent en plus de nous interroger à bon compte sur ce lien complexe et pas si rose qui nous lie souvent, nous et notre maman.



