Moment d'émotion dans ma journée... La mort de Jean Ferrat est annoncée. Et c'est à nouveau une pléiade de souvenirs qui s'invite dans mon esprit. Et beaucoup d'émotions aussi.Oui, mon père écoutait Ferrat. Je revois encore les disques (vinyls comme il se doit) empilés dans l'armoire vitrée du salon. L'homme à la moustache.
Et moi je le fredonne depuis longtemps, si longtemps, sans aucune interruption, à la grande surprise de mes invités qui voient ma compilation en bonne place parmi mes CD, compilation que je connais quasi par coeur : "Il y a cent ans, commun, Commune, comme un espoir mis en chantier...". Cela ne fait pas de nous des révolutionnaires pour autant. Mais des révoltés, si, c'est évident.
Me voilà dans ma chambre d'adolescente au mur couvert de papier peint Laura Ashley, apprenant par coeur Nuit et Brouillard, puis et peut-être surtout Que serais-je sans toi... sur mon magnétophone. Je me les récite, et je reviens en arrière et je me trompe et finalement, je peux, je sais fredonner, et je les sais toujours par coeur aujourd'hui. Et des tas d'autres aussi. Des disques entiers. Chansons d'amour, chansons de foi, chansons engagées, chansons de joie. De génération en génération, les mots se passent, se transmettent, mon fils commencent à les fredonner. Inscrites en lui, presque malgré lui. Ce vent de révolte et de foi en l'homme. Persister à choisir La fête aux copains contre la soirée collé à son écran. Persister à Aimer à perdre la raison. Contre toutes les évidences. Contre les puissances de l'argent qui voudrait seules décider de notre destin. Contre la tristesse et la résignation.
Heureux vous tous qui allez redécouvrir ce grand homme de la chanson française à la faveur de sa mort. Heureux sommes-nous de pouvoir le comprendre dans le texte ou de l'avoir appris à l'école. Merci infiniment, monsieur Ferrat. Merci du fond de ce coeur qui battait si fort chez vous, merci Camarade.
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