Michel Odoul : Immunité et médecine traditionnelle chinoise

Écrit par Odile Chabrillac.
Publié dans Sante - Au quotidien

medecine chinoiseEn médecine traditionnelle chinoise (MTC), le système immunitaire est compris comme un ensemble cohérent dépendant de trois énergies essentielles : le poumon, les reins et le foie.

A partir de là, Michel Odoul, fondateur de l'Institut Français du Shiatsu, nous aide à saisir pourquoi nos époques sont celles de l'immunodépression et des allergies, et pourquoi, le corps étant indissociable de l'esprit, il importe toujours de traiter à la fois les toxines physiques comme psychiques.

Cet article a été écrit en collaboration avec l'ONS.

L'une des idées de base de la médecine traditionnelle chinoise est celle-ci : Sans doute, la vie est bien faite ! Et alors pour mieux comprendre le vivant, les anciens Chinois n'ont pas disséqué des cadavres, mais des vivants, des prisonniers. Ils ont ainsi observé les fonctions de l'organisme in vivo...

Trois organes sont concernés par l'immunité :

 - Le poumon. Son rôle est de capter l'énergie du ciel (à travers le fait respiratoire) et de l'atmosphère, l'ambiance dans laquelle on se situe (la pression autour de soi).

 - Le foie. Il a trois actions : de filtration et de nettoyage du sang, de coagulation du sang et de dynamisme de l'individu (ce qui est très important pour que l'individu puisse se protéger des sollicitations extérieures).

 - Les reins, agissent dans la filtration des toxines, la fatigue et le stress (par l'intermédiaire des surrénales). Le rein gauche est celui qui met le feu ! Il correspond à l'émission d'adrénaline, noradrénaline. Le rein droit joue un rôle de pacification, il fournit les corticoïdes naturels.

Chacun de ces trois organes peut fonctionner en s'appuyant sur les viscères yang : Le gros intestin est l'éboueur, il élimine la matière et évite que l'organisme ne s'asphyxie ; la vessicule bilaire joue un rôle dans l'équilibre du fait nutritionnel ; La vessie élimine les liquides qui nous ont traversé.

Mais les Chinois vont plus loin et postulent l'existence d'un lien entre le corps physique et ce qui entre en résonance avec lui à un autre niveau : ce sont des parties psychiques également organisées en système qui vont jouer un rôle en cohérence. On parle d'entités viscérales ou de psychées organiques.

Poumon -->Pro : Il gère notre rapport au monde extérieur et notre capacité à nous en protéger - instinct de défense réactif - : cette structure psychique a le sens du futur. C'est sur cette énergie que tape le harcèlement dans le monde du travail par exemple.

Foie-->Roun : C'est un instinct élaboré. Il se charge du système immunitaire acquis, il porte en lui les choses que l'on a déjà rencontré. Le Roun gère également tout ce qui est de l'ordre du rêve (l'immunité au plan psychique).

A noter : Pro + Roun = C'est la conscience de l'individu et de son individualité. L'immunité étant la capacité d'un individu à faire la différence entre le soi et le non-soi.

Les reins-->Tché : C'est notre capacité à faire face au changement, au mouvement. C'est l'innéité, les archaïsmes de l'individu, toutes ses racines majeures, fondamentales et essentielles, nos ancêtres, nos anciennes mémoires et vieux shémas. Mais quand il est nourri de toxiques, il devient une structure déséquilibrante. Le tché, c'est aussi la puissance viscérale et profonde : la Volonté, la puissance qui est en nous qui fait que l'on se relèvera toujours. Il peut évoquer l'enfant qui apprend à marcher.

Nous retrouvons alors parallèlement à ces trois organes et trois entités, les trois axes majeurs de l'individu sur le plan psychologique avec leurs émotions associées : La tristesse, la colère et la peur. Ces trois émotions protègent l'individu. Par exemple, lorsque l'on pleure de tristesse, on élimine des toxines que l'on élimine jamais autrement. La colère permet l'évacuation des tensions et du stress emmagasinés (à condition que l'émotion soit fonctionnelle) ; la peur pose les limites.

L'immunité, c'est aussi et surtout la conscience que l'individu a de lui-même. Or, lorsque je sursollicite l'organe, je le fragilise (et le pan psychique correspondant aura moins d'énergie). Et vice-versa. Nous pouvons tomber malade des deux côtés ! Le symptôme n'est que la phase visible de l'iceberg. La question à se poser est : quelle est la fragilité qu'il y a derrière ?

Les allergies nous montre que le système immunitaire est déparamétré. Les maladies auto-immunes n'existent pas chez les animaux. Sur le plan psychique, la zone du corps peut être parlante : il faut donc prendre soin du rein, du foie et de l'organe qui a la charge de l'ordre : le poumon (c'est le ministre des armées, sa matière est le métal, l'armure),il va également falloir le reparamétrer car des traces mémoriels - sous forme de neuropeptides - peuvent exister et péréniser dans ces organes. Le poumon joue par exemple un rôle dans la cicatrisation. Sur le plan psychique, la cicatrisation, c'est le pardon. Des zones cicatricielles psychiques constituent une force dans ce domaine (de la même manière, là où il y a eu une fracture, l'os est plus solide là où il s'est réparé)".

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