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Plus fort et plus courageux

«Vous pouvez penser que vous êtes plus en sécurité en restant ainsi et en maintenant un statu quo.

Pourtant, la sécurité ne vient qu’en prenant des risques, en vous ouvrant et en découvrant toujours plus ce que vous êtes. Certaines personnes ont découvert qu’en essayant de conserver un environnement sûr et en évitant de prendre des risques, elles étaient encore plus effrayées et leur insécurité grandissait.

La peur diminue lorsque vous lui faites face. Vous avez peut-être remarqué que lorsque vous innovez, vous vous sentez plus fort et plus courageux dans les autres domaines de votre vie.»


– Sanaya Roman, Choisir la joie
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» Enfants - Psycho - Dimanche, 30 Octobre 2011 14:15 Imprimer Par Karina Perez
En cette période de la Toussaint, vos enfants vont peut-être vous demander : "Qu'est-ce que c'est la mort papa ?" ; "Pourquoi on meurt " ? 
Autant de questions qui nous ramènent à notre propre expérience de la perte d'un être cher. Et cela peut faire mal et/ou peur ...
Pourtant, ces questions existentielles ne doivent pas rester sans réponse. Protéger ses enfants en les éludant, serait d'une certaine manière leur enlever une partie de leur humanité ...  Mieux vaut donc accepter d'en parler le moment venu. Et s'y préparer.


Attendre qu'ils posent la question


Comme avec tous les grands sujets, mieux vaut essayer d'attendre que l'enfant soit confronté à la mort. Soit directement, soit par son propre questionnement.
Lui en parler avant qu'il n'en manifeste le besoin, ne serait pas juste. Avant cinq-six ans, les enfants ont surtout la notion de l'absence et pensent que celle-ci est temporaire. Après, avec l'acquisition de la notion de temps, ils vont prendre conscience du caractère définitif de la mort. 

Parler simplement, sans tabou

Pas question de philosopher sur la vie et la mort avec les enfants. Ils ont besoin dans un premier temps de réponses claires et simples à leurs questions. 
Vous pouvez leur dire que la mort  est  un phénomène naturel :  tout le monde meurt un jour de vieillesse. Des fois, cela arrive aussi avant. Etre mort c'est ne plus penser, ne plus marcher, ne plus rire, ne plus parler ... Vous pouvez prendre des exemples dans la nature. Evitez les phrases comme "papi est parti" ; "il est monté au ciel" ; "il s'est endormi pour toujours" ... Cette dernière phrase en particulier peut provoquer une peur importante chez l'enfant qui va être paniqué à l'idée de s'endormir ...
Si certaines questions vous semblent trop abstraites, vous avez aussi le droit de dire à l'enfant que vous ne connaissez pas les réponses. Les enfants n'ont pas besoin de perfection mais de paroles vraies et bienveillantes.


"Quand ma mère est morte, mon père n'arrivait pas à nous l'annoncer. Au bout d'une semaine après l'enterrement, il nous convoqua moi et ma soeur en présence de nos grands-parents ...  "Votre mère est décédée" nous annonça-t-il en s'étranglant de douleur ... DCD, cela veut dire quoi ???  Morte forcément.  Alors après une seconde d'hésitation, j'ai fait ce que mon père attendait : j'ai pleuré. Surtout pour que ma petite soeur puisse comprendre ce mot étrange et pleurer à son tour. Pourquoi n'a t-il pas utilisé le mot "morte" ? J'avais besoin d'entendre ce mot pour donner une réalité à l'absence de ma mère. J'en voulais à mon père de n'avoir pas su me le dire."
Anna, 41 ans

L'avis du psy : "En utilisant un mot compliqué, le père d'Anna a essayé de se protéger de la douleur et de minimaliser celle de ses enfants. Il a aussi d'une certaine manière "anesthésié" sa fille. Elle avait certainement compris intuitivement que sa mère était déjà morte, et au lieu d'exprimer sa colère ou son incomprehension, elle a commencé à  réagir en bonne petite mère pour sa soeur et pour son père. Personne n'a aidé Anna à exprimer ses émotions face à cette disparition. Elle le dit très bien à la fin de son témoignage : j'en voulais à mon père ... Il y a la colère d'un enfant à qui on a enlevé la capacité de faire son propre travail de deuil."


Laisser-les exprimer leurs émotions

Les enfants ont une manière d'exprimer leurs émotions radicalement opposées aux nôtres. Ils passent de la tristesse à la colère aussi rapidement qu'ils reprennent leurs jeux. Si vous devez annoncer la mort d'un proche à votre enfant, ne vous formalisez pas de sa réaction. Ne réprimez pas non plus sa colère : les enfants, en particulier quand ils comprennent qu'ils ne reverront jamais celui qu'ils ont aimé, peuvent manifester des émotions particulièrement violentes. Ils se confrontent à l' impuissance et ils ont besoin de votre amour et de votre présence pour l'accepter. Ils peuvent aussi être dans le déni total ... Soyez attentif.

L'importance du rituel

Si l'enfant accepte, il est important qu'il puisse participer à la cérémonie funèbre. Pour le proposer et ne pas l'imposer, vous pouvez demander à l'enfant s'il souhaite emmener un dernier dessin ou donner une fleur ... Il pourra ainsi s'inscrire dans le processus de deuil sans se sentir à l'écart. Ou croire qu'il y a un secret. Les jeunes enfants pensent souvent qu'ils sont responsables de ce qui se passe autour d'eux. Ils peuvent très facilement se sentir coupables de la mort d'un proche.

En France, si le jour des défunts est le 2 novembre, c'est le jour de la Toussaint que les tombes françaises se couvrent de chrysanthèmes.
Cela peut aussi être le moment d'évoquer enfin la mort d'un proche. Nous ne sommes pas des robots, et quand la mort surgit dans nos vies, il arrive qu'il soit bien difficile d'en parler et d'emmener avec nous nos enfants tant nous sommes effondrés pendant l'enterrement.
Le rituel de la Toussaint peut être l'occasion de laisser la parole s'exprimer. Attention à ne pas rentrer dans une démarche trop psy : restez simple. Au Mexique, pour la fête des morts, toute la famille mange des pâtisseries en forme d'os, de cercueil ou de squelette ... Sur les tombes, on se réunit en famille pour partager un festin avec ses morts... Une manière d'apprivoiser la mort et ne plus en avoir peur !

"Mes enfants n'ont plus de grands-parents. Quand ils ont commencé à grandir et à voir autour d'eux tous leurs copains avec leurs papis et mamies, les questions ont commencé : Ils sont où ? Pourquoi ils sont morts ?
Je n'aime pas trop la Toussaint parce que les cimetières sont un peu trop fréquentés à mon goût mais en même temps, toutes ces fleurs, c'est magnifique. J'ai attendu le deux novembre pour y aller avec mes enfants. Pas question de faire de ce moment quelque chose de triste mais plutôt d'en profiter pour célébrer la vie. Des amis et de la famille étaient passés la veille. Et cela m'a permis d'expliquer à mes enfants combien mes parents étaient aimés. Et combien pour nous tous, leur souvenir était bien des années après, encore vivant."
Joël, 45 ans


Des livres d'enfants pour vous aider à aborder ce thème si délicat

TU SERAS TOUJOURS AVEC MOI de Marito Kikuta aux Editions Albin Michel Jeunesse
Un petit chien était très heureux avec sa maîtresse jusqu'à la mort de cette dernière. Il la cherche partout jusqu'à ce qu'il comprenne. Elle sera toujours présente dans son coeur. C'est juste, poétique et plein de vie.

LA CROÛTE de Charlotte MOUNDLIC avec les illustrations d'Olivier Tallec. Les albums du Père Castor chez Flammarion
Album à partir de 5 ans
Un petit garçon vient de perdre sa maman. Un jour, il tombe et s’écorche et instantanément il entend la voix de sa maman ... Alors il va arracher la croûte dans l’espoir que la voix reviendra…  Le texte est très simple, bourré de tendresse et d'humour.  Les illustrations sont très justes et réussissent à apporter à l’ensemble de la poésie.

MON CHIEN EST MORT d' Eric ENGLEBERT avec les illustrations de CLAUDE K. DUBOIS
Grasset Jeunesse dans la Collection Lampe de poche.
Album à partir de 7 ans
Pas de texte, mais des aquarelles qui mettent en scène la mort d’un chien, le deuil et l’acception de sa disparition. Des images emplies de poésie qui invitent au dialogue parents-enfants.

L'ARBRE SANS FIN de Claude Ponti à l'école des loisirs.
Album à partir de 7 ans.
L'arbre pleure ... La grand-mère d'Hipollène est morte. Hippollène est si triste, si triste qu'elle se transforme en larme. Et cette larme si triste tombe au travers de l'arbre sans fin ... Commence alors un grand voyage initiatique qui entraînera Hippollène à ne plus avoir peur de ses sentiments. Un grand classique de la littérature jeunesse qui aide les enfants à accepter le courant de la vie.



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