Que faire si son enfant se roule par terre en hurlant ? Avec Isabelle Filliozat (1) et Catherine Dumonteil-Kremer(2) découvrons ce qu’est une colère, oublions les méthodes d’éducation strictes de nos parents et explorons de nouvelles voies.
Ecoutez sa colère
Selon Isabelle Filliozat, la distinction entre colère et caprice est très simple. « Une colère, c’est quand le parent comprend pourquoi l’enfant est en colère. Un caprice, c’est quand il ne comprend pas, ou plutôt quand il ne veut pas comprendre ! ». « C’est une volonté de l’enfant qui s’exprime très fort à un moment donné. Or il en a le droit ! » renchérit Catherine Dumonteil-Kremer. Toutes deux sont convaincues que les caprices n’existent pas.
« Les parents qui considèrent que leur enfant fait un caprice ne lui reconnaissent pas le droit d’avoir envie de quelque chose » insiste Catherine Dumonteil-Kremer.
Quand il fait une crise en se roulant par terre ou en contrariant systématiquement ses parents, l’enfant cherche seulement à évacuer quelque chose, à décharger un trop plein d’émotions.
Alors, laissez-le exprimer ses sentiments. Ecoutez-le. Il veut vous dire quelque chose. Et posez-vous les bonnes questions : Quel est son vécu ? A-t-il suffisamment dormi et mangé ? « Le rôle des parents, poursuit Catherine Dumonteil-Kremer, c’est d’écouter toutes les manifestations d’insatisfaction, d’accueillir et d’écouter ses émotions ».
Oubliez les solutions autoritaires
Gronder, sermonner, punir, supprimer une permission, menacer ou frapper constituent autant de mauvaises solutions. Elles poussent l’enfant à vous éviter, instaurent le règne de la peur et lui apprennent ce qu’il ne doit pas faire et non ce qu’il doit faire. De même, la récompense est une carotte empoisonnée.
L’ignorance ou l’isolement sont également à proscrire car le message que vous envoyez alors à l’enfant est qu’il est seul, seul pour trouver une solution à son problème, seul pour sortir de son malheur. Cela ne ferait qu’augmenter son mal-être et sa solitude. « L’enfant a le droit d’exprimer ses sentiments. De même le parent a lui aussi le droit de dire non » insiste Catherine Dumonteil-Kremer. A condition que ce « non » ne soit pas systématique. Alors, comment réagir ?
Explorez de nouvelles voies
« D’abord, le parent doit commencer à se calmer lui-même et accepter la colère de son enfant » explique Isabelle Fiollozat.
Tentez de l’accompagner dans sa demande en la reformulant. « Mettez des mots sur son ressenti, nous incite-t-elle, pour lui apprendre à mettre des mots sur ce qu’il ressent » et aussi pour qu’il ait le sentiment d’être écouté voire compris : « Je vois que tu es en colère », « j’ai compris que tu ne veux pas aller à l’école », « tu es fâché parce que je n’ai pas acheté ces bonbons ».
Si la colère est très violente, attendez qu’elle passe. Restez toujours présente à ses côtés. En général ça dure rarement plus d’un quart d’heure. Attendez qu’il se dégage de ce trop plein d’émotions. « Permettez à l’émotion d’aller jusqu’à sa résolution. Car l’émotion est un mécanisme de guérison » insiste Catherine Dumonteil-Kremer.
A l’avenir, Isabelle Fiollozat nous met en garde, « il faut éviter de donner trop d’ordres à un enfant, car celui-ci, en vous obéissant, va nier son besoin et sa capacité de devenir un individu autonome ». Sachant que pour l'une comme pour l'autre, « une discipline aimante est indissociable d’un travail sur soi ». Parmi les bonnes résolutions 2009, prévoyez l’achat d’un journal intime !
- Isabelle Filliozat est psychothérapeute, mère de deux enfants et auteur de « Au cœur des émotions de l’enfant » aux Editions Marabout. Son dernier livre « Il n’y a pas de parent parfait » vient tout juste de sortir aux Editions Lattès.
- Catherine Dumonteil-Kremer est consultante familiale, enseignante, éducatrice Montessori, mère de trois filles et auteur de « Elever son enfant autrement » aux Editions La Plage. Son dernier livre « Jouons autrement, relâcher les tensions par le jeu » vient tout juste de sortir aux Editions La Plage.

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