Toujours en salle, Solutions locales pour un désordre global narre caméra au poing, l'histoire de notre terre nourricière. 13 ans après "La belle verte", Coline Serreau retricote respect de l'homme et de la terre, responsabilité, changement et autonomie. Avec l'aide du mouvement Colibris (mouvement pour la terre et l'humanisme créé par Pierre Rabhi), la réalisatrice a filmé aux quatre coins du globe des solutions nouvelles qui réparent les dégâts de l'agriculture intensive. Un film radical, drôle et réjouissant !
Car c'est bien de cela dont il s'agit ici : le désastre non seulement écologique mais humain d'une agriculture meurtrière !
Dès le début du film, Philippe Desbrosses (intelligence verte) montre le lien entre l'industrie militaire de l'après-guerre et les débuts de l'agriculture intensive en Europe. Les témoignages successifs vont montrer comment à l'échelle de la planète, l'industrie non seulement pollue mais pousse au suicide ou à la famine des milliers de paysans.
Heureusement le film est tout sauf un film catastrophe.
Homme ou femme, paysan ou théoricien, Indien, Français, Ukrainien ou Brésilien, tous, sans se connaître, disent la même chose, les solutions locales existent.
Cette universalité donne à ce documentaire une force incroyable. "Je voulais un film positif qui donne envie de changer en montrant comment les gens font pour changer les choses " explique-t-elle. Et cela passe forcément par les femmes. "Quand vous avez un enfant malade, vous devez forcément être optimiste" ajoute la réalisatrice.
Car les femmes partout dans le monde portent non seulement les enfants mais toute la société. Ces femmes "poto mitan" comme on dit en créole, n'ont pourtant pas le pouvoir. Il leur a été confisqué depuis des générations par le patriarcat et ce même dans nos sociétés "libérées". Coline Serreau montre comment cette violence vis à vis des femmes est de la même espèce que celle faite à la terre : confiscation des semences, confiscation de la biodiversité, meurtre des foetus de filles en Inde.
Pour sortir de cet engrenage mortifère, l'une des clés est l'autonomie. Et pas besoin d'avoir un jardin. Comme le dit Pierre Rabhi "ceux qui sont en ville peuvent parfaitement se solidariser avec ceux qui sont à la campagne et ainsi faire un pont au-dessus de toute la sphère affairiste."
Amap, jardins partagés, éco-villages, ceintures maraichères ... Nombreuses sont les solutions déjà mises en place et encore plus nombreuses sont celles à inventer. Et si les politiques ne suivent pas, si les choses ne changent pas assez vite, il ne faut pas hésiter à faire pression.
L'autonomie peut avoir des accents révolutionnaires. "Après tout, comme nous explique Coline Serreau, la révolution en France, on sait ce que c'est".
Pour agir à votre niveau, en savoir plus sur le film, sur les intervenants : www.solutionslocales-lefilm.com
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