La réunion de préparation du G20 s’est tenu à Paris les 22 et 23 juin 2011. A l'instigation de la présidence française, les questions agricoles sont à l'ordre du jour avec les cours des céréales qui recommencent à flamber.
L'occasion de faire un point sur l'état des semences et de la guerre invisible qui se joue autour de ces petites graines à la source de notre alimentation.
Pour résoudre le problème, les OGM sont présentés comme la solution miracle. Ce serait la graine elle-même, génétiquement modifiée, qui permettrait enfin la récolte parfaite. Plus de parasite, plus de famine, résistance à la sécheresse... le rêve. Vraiment ?
Autrefois, chaque région du monde disposait de ses semences spécifiques, soigneusement sélectionnées par le savoir-faire des agriculteurs pour leur résistance aux diverses contraintes du lieu (sol, climat...). La conservation était généralement réservée aux femmes puis, progressivement, de petits semenciers s'occupèrent plus spécifiquement de produire et conserver les graines de vie. Mais en accompagnement de la Révolution verte, des méga-organisations comme l'OMC ont pensé pouvoir gérer mondialement ce qui se décidait jadis localement. Des lois et des traités régulent ainsi l'agriculture, des bataillons d'ingénieurs cherchent à améliorer les rendements et des catalogues officiels établis par les ministères listent les variétés de semences autorisées (et payantes). Parallèlement, partout dans le monde de gros semenciers (Monsanto, Syngenta, Limagrain) rachètent les petits. Et les éléments du cercle infernal sont en place.
Quoi de plus banal et passe-partout qu'une minuscule petite graine ? Pépites de vie, elles sont en réalité à la fois le patrimoine et l'avenir de l'humanité. Et l'enjeu de toutes ces discussions officielles est là, dans les semences du futur et la façon dont les états gèrent l'essence même de la vie. De nos vies. Car on l'aura compris, ceux qui contrôlent la production des semences et empêchent leur libre circulation, tiennent l'humanité par le ventre.
Depuis 2005, sous couvert d'aide au développement, la FAO tente de réguler les choses avec un Traité international sur les semences. On a vu récemment à Bali que la France, le Canada et l'Australie s'acharnent à ne plus vouloir reconnaître aucun droit aux agriculteurs locaux sur les semences qu'ils utilisent traditionnellement (3). C'est grave car certaines sociétés commencent à déposer des brevets sur des variétés traditionnelles. En avril dernier, des manifestations ont eu lieu à Bruxelles pour protester contre ces législations pirates.
Mais tout n'est pas perdu. Mars 2011 c'était bien sûr Fukushima. Mais ce fut aussi le moment d'une autre nouvelle, bien plus réjouissante. L'énorme multinationale allemande Bayer (http://www.reuters.com/article/2011/03/21/idUSN2129802520110321) a été condamnée par la cour de l'état de l'Arkansas (USA) à verser 136,8 millions de dollars à Riceland Food. La raison ? Une récolte contaminée par un OGM du groupe il y a quatre ans de cela. Tout n'est pas perdu mais la lutte pour la libre circulation des semences ne fait que commencer et ni un G8 ou un G20 ne doivent dicter aux paysans du monde entier le choix des semences.
Alors, paysans ou jardiniers de tous les pays, unissons-nous ! Plantez ! Replantez ! Conservez ! Multipliez ! Diffusez !
Pour se procurer des semences de variétés anciennes non-hybrides : http://www.laseiche.net/environnements/campagne/article/semences
(1) Plus d'un milliard selon le rapport 2009 de la FAO, [ici->http://www.lemonde.fr/international/article/2009/10/14/plus-d-un-milliard-d-humains-ont-faim_1253681_3210.html].
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