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| Manger ou rouler |
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C'était il y a un peu plus d'un an : Que ce soit en Haïti, en Égypte, aux Philippines ou encore au Maroc, les émeutes de la faim qui ont secoué la planète ont soulevé une épineuse question qui reste d'actualité : la culture d’agrocarburant est-elle compatible avec une alimentation pour tous ?
Apparus comme une alternative au pétrole cher et à la disparition programmée de l’or noir, les biocarburants sont désormais pointés du doigt. Tandis que le prix des matières premières s’envole (+ 37% en 2007 pour les céréales), la culture de carburants verts ne ralentit pas la tendance. Au contraire. En se convertissant à cette agriculture, les pays réduisent les surfaces consacrées à l’agriculture traditionnelle.
Aux Etats-Unis par exemple, la production d’éthanol, obtenu grâce à la culture du maïs, a fait s’envoler le prix des tortillas, aliment de base des Mexicains. Jean Ziegler, rapporteur spécial de la commission des droits de l’Homme des Nations Unies pour le droit à l’alimentation dénonçait dans Le Monde diplomatique en mars dernier la « destruction systématique [des] agricultures vivrières ». D’après le FMI, « entre 20 et 50 % de la production mondiale de maïs ou de colza ont ainsi été détournés de leur usage initial » : l’alimentation.
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