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Plus fort et plus courageux

«Vous pouvez penser que vous êtes plus en sécurité en restant ainsi et en maintenant un statu quo.

Pourtant, la sécurité ne vient qu’en prenant des risques, en vous ouvrant et en découvrant toujours plus ce que vous êtes. Certaines personnes ont découvert qu’en essayant de conserver un environnement sûr et en évitant de prendre des risques, elles étaient encore plus effrayées et leur insécurité grandissait.

La peur diminue lorsque vous lui faites face. Vous avez peut-être remarqué que lorsque vous innovez, vous vous sentez plus fort et plus courageux dans les autres domaines de votre vie.»


– Sanaya Roman, Choisir la joie
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» Ecologie - Mieux comprendre - Lundi, 14 Février 2011 19:06 Imprimer Par Karina Perez
ecologie, puit gaz de schisteOn en parle beaucoup en France depuis quelques semaines. Cela fait des années pourtant qu'aux Etats-Unis et au Canada des citoyens se battent pour que ce mode d'extraction cesse. Sans trop de résultats jusqu'à fort récemment. Il est vrai que l'indépendance énergétique des Etats-Unis était en jeu.

Je parle ici de la fracturation hydraulique, cette technique qui permet de récupérer du gaz naturel piégé depuis des millénaires dans les schistes, ces roches sédimentaires argileuses qui ressemblent un peu à d'énormes mille-feuilles.
Dans ces roches, le gaz n'est pas présent en quantité suffisante en un seul point (comme pour le pétrole) mais en petites quantités sur une vaste étendue. D'où la multiplication des puits (en 2007, il y avait 449 000 puits répartis sur 32 Etats américains) et les moyens pour l'extraire. De l'eau mélangée à du sable (ou à des micro billes) et à des produits chimiques est injectée à travers un puit pour infiltrer la roche, la fissurer et récupérer le gaz ainsi libéré. L'extraction du pétrole de schiste est à peu près la même !

Le site d'information OWNI propose une animation pour comprendre les enjeux environnementaux de ce type d'extraction.
Beaucoup d'américains ont découvert l'étendu des problèmes le 21 juin dernier sur HBO, la chaîne cablée américaine : Gasland, un documentaire lauréat du festival de Sundance, montre à la manière d'un Michael Moore les ravages de l'extraction du gaz de schiste.

Son réalisateur, Josh Fox, a reçu un jour une proposition pour louer son terrain à une entreprise d'extraction.  Avant d'accepter la somme rondelette proposée, il a décidé de parcourir les Etats-Unis pour comprendre. A Dimock, il a par exemple rencontré des citoyens dont l'eau est contaminée. Au Nouveau-Mexique, ce sont les fuites de gaz (méthane et sulfure d'hydrogène, gaz explosif et hyper toxique) à côté d'une école qui sont montrées du doigt. Alors même si depuis sa sortie ce documentaire ne cesse de faire l'objet de démentis de l'industrie, on est sidéré devant des images chocs : de l'eau du robinet qui prend feu, des eaux potables plus que troubles, des fuites de gaz, des norias de camions et des paysages défigurés par des puits par milliers ...

Alors oui, ce documentaire est partisan comme le sont tous les coups de gueule. Mais cela ne signifie pas que la vérité en soit absente. Sinon pourquoi La Cabot Oil qui exploite le gisement de Dimock  a accepté de payer 4,1 millions de dollars en décembre dernier aux citoyens dont l'eau était contaminée ? Les industries démentent et payent ...  Le documentaire montre aussi la montée de la contestation citoyenne qui a forcé les administrations américaines à revoir leur copie : le 18 mars 2010, l'Agence pour la protection de l'environnement (EPA) a annoncé le lancement d'une enquête de deux ans sur les dommages environnementaux causés par les extractions et l'Etat de New-York s'est prononcé le 2 avril 2010 sur un moratoire pour arrêter les extractions.

Et en France ?

En mars 2010, notre ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo autorise l'exploration des gaz de schiste sur plus de 4000 m2 entre Valence et Montpellier. Et cette décision ne passe pas complètement inaperçue comme le montre l'article d'Arrêt sur Images sur le sujet mais les médias parlent peu alors des dommages environnementaux. Il faudra attendre la mobilisation locale fin 2010, l'enquête du journaliste Fabrice Nicolino et la médiatisation par José Bové, pour que le sujet explose sur le devant de la scène. Depuis Nathalie Kosciusko-Morizet, notre Ministre de l'écologie a annoncé début février la suspension des travaux de prospection de gaz de schiste dans le sud de la France dans l'attente des conclusions d'une mission d'évaluation des enjeux environnementaux prévues pour le 31 mai.  Or, le 10 février, un communiqué de presse de cette dernière et d'Eric Besson sous-entend qu'exploration et extraction seraient tout de même assez synonymes. Le 11 février dans une enquête, Mediapart publie un rapport qui prouve que la fracturation hydraulique a déjà été utilisée en France en Mars et Avril 2007 en Haute Garonne. Et la Ministre assure à nos confrères que le recensement de tous les sites où l'extraction a déjà eu lieu, est en cours.

Sans internet et la mise en perpective avec la situation américaine, serions-nous arrivés aussi vite à ce coup de frein ? Internet donne à l'exercice de la démocratie de nouveaux moyens : locaux mais également internationaux. Pas besoin d'attendre la sortie de Gasland en France (taper gasland VOST sur votre moteur de recherche) pour se faire une idée sur ce qui nous attend si nous ne nous opposons pas à l'appétit des consortiums industriels.
Et de revenir sur nos choix en matière d'énergie : allons-nous continuer à privilégier les énergies fossiles ?

C'est un non-sens  : en plus de polluer, l'extraction de gaz de schiste émet 4 à 5 fois plus de CO2 que l'extraction du pétrole conventionnel. Les politiques n'en ont pas assez de jouer aux pompiers avec le réchauffement climatique. On ne pourrait pas penser énergies durables. Vraiment. Imaginez toute l'énergie, toute la créativité qu'il a fallu pour concevoir la fracturation hydraulique. Alors inversons les gaz et levons les voiles !

Le gaz de schiste... ?
Pour extraire le gaz de schiste de sous-sols, il faut utiliser le procédé dit de fracturation hydraulique, c'est-à-dire injecter de l'eau à très forte pression à laquelle on ajoute des produits chimiques. On en extrait déjà des sous-sols américains et canadiens, mais il il serait aussi présent en grande quantité en Europe, en Asie et en Australie.


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