Conférence de presse Weleda pour le lancement de l’opération doudou. Maud Fontenoy prend la parole. C’est efficace, précis et rapide. Maud tient la barre sur terre comme sur mer. Il faut faire sa trace, non ? Quand je lui demande une heure pour une interview, elle refuse tout net, elle n’a pas le temps. Et me propose une demi-heure tout de suite. Je prends.
Alors Maud hyper active ? Porte-parole de l’UNESCO, Vice-présidente du Conservatoire du Littoral, rédactrice de guides écolos, chroniqueuse, conférencière, elle est surtout présidente de sa Fondation pour la protection des océans. « J’essaye de remplir mes journées au maximum, d’être organisée et d’être condensée dans ma tête. C’est vrai, je ne sais pas m’arrêter et j’ai beaucoup d’admiration pour toutes ces femmes qui arrivent à s’occuper d’elles en plus du travail, des enfants… » Alors pourquoi ne pas essayer de temps en temps ? « J’ai le sentiment que la mort va me prendre si je ne me donne pas à fond. » confie-t-elle, si touchante d'un seul coup.
En 2006, les médecins lui diagnostiquent un cancer du col de l’utérus quelques jours avant son départ pour son tour du monde à contre-courant. Elle se fait opérer en urgence et prend quand même le large depuis la Réunion. On ne fait pas attendre la mer. Elle va franchir 3 caps et vivra un démâtage dont elle sortira in extremis. Seule dans l’immensité marine, entourée d’une nuit au noir si profond, on ne peut penser qu’à la lumière. Avoir un bébé un jour et créer une fondation permettent à Maud de lutter contre ses peurs. Soutenue par des centaines d’enfants pendant ses traversées, c’est à eux qu’elle destine cette fondation. En particulier, aux malades du cancer à qui elle aimerait transmettre ses valeurs et sa combativité, pour qu’ils n’abandonnent pas.
Revenue sur la terre ferme, guérie, elle met en route son projet de Fondation et surtout, décide que le temps est venu d’avoir un bébé.
Le 30 juin 2008, Maud met au monde Mahé à la Réunion, son cadeau du ciel. Plus question d’exploits marins en solitaire. Bienvenue aux navigations en famille : Mahé a 7 mois quand il traverse l’Atlantique pour rallier les Antilles. Bien plus âgé que sa maman quand elle embarqua à 7 jours sur la goélette familiale. « J’ai toujours habité sur des bateaux et j’ai vu la mer se transformer. C’est pourquoi j’ai tellement envie de donner une voix au grand bleu. » Avec Mahé, c’est bien la fin de l’introspection.
Son projet de fondation est devenu réalité : en novembre 2008, elle baptise le Tahia à Marseille, son port d’attache. Le monocoque de 26 mètres a été réaménagé pour accueillir les enfants. Ce sont les petits marquisiens qui lui ont donné son nom « La princesse qui danse sur les vagues ». Le bateau est comme sa capitaine : il a fait ses preuves sur tous les océans et sait se jouer des difficultés ! « J’ai les épaules pour traverser alors oui, j’ai les épaules pour défendre les océans ». A bord du Tahia, Maud va naviguer avec des écoliers et des enfants malades pour transmettre à ces messagers de demain une meilleure connaissance des fonds marins. Les élèves qui n’auront pas la chance de partir recevront des kits pédagogiques : en 2009, la Maud Fontenoy Fondation a distribué, avec le soutien de la Poste, le « Carnet de bord pour sauver les océans » dans les 55 000 écoles de Métropole et d’outre-mer.
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Télécharger le kit pédagogique de la Maud Fontenoy Fondation




