Journaliste et auteur, Pascale d'Erm a écrit des livres dont nous sommes totalement addicts : Vivre ensemble autrement, Se régénérer grâce à la nature, et Vivre plus lentement (Editions Ulmer). Elle fait partie de ces petites fourmis de l'écologie qui font changer les choses sans avoir forcément une importante exposition médiatique. Et pourtant... Pascale d'Erm a beaucoup de choses à nous apprendre. Et si nous tendions l'oreille ?
TDM - D’où vous vient votre sensibilité aux valeurs écologiques ?
Pascale d'Erm - De ma conscience de la justesse, utilité et cohérence de ces valeurs. D’heures passées en communion avec la nature durant l’enfance, dans les arbres, les mains dans la terre, en marchant dans des forêts profondes. De mon émerveillement pour sa beauté, pour sa capacité à ravir tous mes sens. De ma certitude que la nature nous est vitale et qu’elle est injustement dégradée par les hommes.
- De quelle manière y contribuez-vous aujourd’hui ?
A différents niveaux : sensibilisation de l’opinion par la rédaction de livres, d’articles ou la réalisation de films ; par l’éducation de mes enfants, par l’information de mamans via une association d’EcoMamans que j’ai contribué à créer et porté trois années durant, par un engagement dans ma vie de tous les jours.
- Etes-vous plutôt optimiste ou pessimiste pour l’avenir ?
Aucun des deux, je suis dans l’action, dans la concrétisation de rêves et de convictions.
- Si vous étiez ministre de l’écologie, quelle mesure phare prendriez-vous en priorité ?
Passer d’urgence au crible du développement durable toutes les décisions prises dans les autres ministères selon des critères écologiques : ne pas détruire les ressources, ne pas gaspiller, ne pas mettre en péril l’existence de nos enfants ; Plan immédiat de conversion du nucléaire et plan énergétique prioritaire pour réduire les gaspillages énergétiques et développer les renouvelables. Former l’ensemble du monde politique au DD, sinon exit les ministres et autres députés croulants et ignorants, pétris de suffisance et aveugles quant à l’avenir de nos enfants.
- Quel peut-être le rôle des médias pour faire avancer cette cause ?
Alerter, dénoncer les abus, les lobbies, les positions dominantes et dégradantes pour l’environnement.
- Comment vous impliquez-vous au quotidien ?
J’ai choisi la liberté de vivre selon mes convictions, donc ma réponse est identique à la seconde question : je m’implique par mon métier, ma vie de maman et dans mon quotidien de citoyenne européenne.
- Quels sont les renoncements que vous avez dû faire ?
Mener une vie argentée.
- Quelles sont les bonnes surprises que ce monde vous a apportées ?
L’enthousiasme de ceux qui portent les idées nouvelles de l’écologie, clés d’un monde nouveau. L’intérêt pour la prospective. L’émerveillement dans la nature, la curiosité sans cesse renouvelée pour les phénomènes de la vie. Et surtout, les rencontres de personnes engagées.
- Et les belles rencontres faites dans ce milieu ?
Un grand bonheur de constater que l’engagement écolo va souvent de pair avec des personnes ouvertes, curieuses, engagées, à l’écoute de la terre et des autres, en quête d’alternatives, créatives, inventives, sensibles, amoureuses de la vie. Des frères et sœurs d’âme.
- A quoi pensez-vous lorsque vous êtes découragés ?
A mes amours de petites meufs, Marine et Juliette. Plus tard elles ne pourront pas se dire, maman savait et elle n’a rien fait. Et je leur donne les clés pour qu’à leur tour, elles s’impliquent et aiguisent leur conscience écolo.




