Nos jardins regorgent de plantes dont les principes actifs sont largement utilisés en phytothérapie, en aromathérapie mais également dans de nombreux « remèdes de grand-mère ». Sans oublier que ces plantes aromatiques, y compris les plus communes, peuvent devenir de précieux alliés de notre santé en les invitant simplement à notre table.
Elles font d’ailleurs partie depuis l’Antiquité de toutes les grandes traditions culinaires et nutritionnelles comme la diététique chinoise ou l’Ayurveda. De notre côté, nous aimons évoquer à leur sujet la « miam miam » thérapie !
Posologie : du plaisir plusieurs fois par jour
Si la miam miam thérapie est si efficace c’est qu’elle permet de cumuler les bienfaits des plantes avec l’un des principes de guérison des plus puissants : LE PLAISIR. Le plaisir, comme les liens sociaux, l’affection, ou l’amour est un précieux médicament. Ils sont d’ailleurs désormais pris en compte dans les études épidémiologiques, comme actifs dans le processus de guérison.
Thym, romarin, sauge, menthe, estragon, pissenlit, plantain, angélique …, que ce soit en infusion, en décoction ou en cuisine, ont des saveurs spécifiques et délicieuses, sans oublier qu'elles sont riches de principes actifs qui permettent d’entretenir la santé et d’aider l’organisme dans son processus de guérison.
Comment agissent-elles ?
Chacune ont des spécificités, mais toutes aident à stimuler la circulation sanguine et les sécrétions endocrines (glandulaires), à fluidifier le système respiratoire, à réguler le système hormonal et jouent un rôle anti inflammatoire. Elles agissent également directement contre la paresse digestive, que ce soit au niveau de l’estomac, de l’intestin, du foie, de la vésicule biliaire. Au-delà de leurs saveurs, c’est d'ailleurs bien leur action sur la digestion qui ont rendu les plantes aromatiques incontournables dans toutes les cuisines. Mais pourquoi la digestion est-elle si importante pour notre santé ? D’abord, parce qu'une bonne digestion, en évitant la création de foyers d'infection, nous aide à rester à l’écart de la maladie. Ensuite, parce que lorsque nous sommes malades, notre énergie digestive étant faible, il est essentiel de soutenir notre système digestif pour lui permettre néanmoins de continuer à bien assimiler les principes de vie fournis par l'alimentation et à évacuer correctement les déchets. Les maladies naissent et meurent en grande partie dans l’intestin. Maintenir un intestin sain est le premier des remèdes.
En cuisine ou en tisane
Thym, romarin, sauge, menthe, estragon (mais également origan, ciboulette, coriandre, mélisse, marjolaine, cerfeuil, sarriette, …), en cuisine, ces plantes aromatiques sont d’une utilisation enfantine. Commencez par séparer les feuilles des tiges. Hachées finement ou grossièrement, vous pouvez les ajouter à tout type de cuissons ou directement sur les plats. A l’instar du pistou, c’est d’après moi, dans une sauce crue, à base d’huile et de condiments (oignons, ail, échalotes, câpres, olives …) que leurs saveurs et leur principes actifs sont exacerbées.
Les jeunes pousses du pissenlit, du plantain, de l’angélique, sont aussi délicieuses en crudité. Mais si le pissenlit est savoureux seul, plantin et angélique doivent être mélangés à une salade plus douce pour en tempérer les saveurs plus corsées. Vous pouvez également mixer leurs feuilles pour agrémenter un potage ou une tarte salée.
Mais lorsque l'on est déjà malade, on a plus souvent envie de boire chaud que de manger. Alors voici les règles de base d’une bonne tisane. Mettre uniquement les parties tendres de la plante dans une casserole. Couvrez d’eau froide en quantité suffisante, et mettez le tout sur le feu. Dès que l’eau frémit, éteignez le feu. Couvrez, c’est important, et attendez 4 à 8 mn que la plante libère ces principes actifs. Si l'on fait bouillir 10/15 mn ce n’est plus une tisane mais une décoction qui, elle, se prépare avec les parties les plus charnues de la plantes, tiges ou racines.
Enfin, n’oubliez pas le plaisir. C’est d’autant plus important, que ce n’est pas une tasse qui peut avoir une action sur l’organisme, mais bien plusieurs dans la journée (3 à 6). Alors il faut que ce soit bon. Si le goût naturel ne vous convient pas, ne vous privez pas de l’améliorer. Eviter absolument le sucre qui est davantage du côté de la maladie que de la santé (fermentation, ballonnement), et utilisez de préférence un peu de miel (régulateur intestinal, diurétique) ou de sirop d’agave. Vous pouvez également ajouter une autre saveur : fleur d’oranger, eau de rose, anis étoilés, cardamome, cannelle ou tout simplement quelques gouttes de jus de citron.
A essayer : notre recette de Poulet aux herbes du jardin, un délice...




