Non, le mouvement de la Slow Food n'a rien à voir avec cette danse langoureuse hormi peut-être une certaine idée de la vie et de la sensualité...Merci Mac do !
La réussite du mouvement Slow Food n’a rien à envier à celle de Mac Donald, paradoxalement, je dirais même qu’elle lui doit beaucoup. D’abord pour son nom. Que nous inspirerait le terme Slow Food sans la référence explicite au fast food et à sa prolifération ?
Car les deux mouvements s’opposent en tout. Quand l’un prône l’uniformité mondiale, le culte de la technologie et de la rapidité avec un mépris à peine voilé pour le goût et la santé ; L’autre encourage la diversité et le terroir, cultive la simplicité avec un engagement écologie et éthique.
Sans un symbole aussi fort auquel s’opposer il serait certainement difficile de promouvoir des valeurs aussi évidentes et attendues sans être immédiatement associé à l’AAAAA (Association Amicale des Amateurs d’Andouillette Authentique).
On peut donc remercier les fast food d’avoir été aussi bruyants, voyants et grossiers, un développement plus insidieux n’aurait certainement pas permis une opposition aussi vive.
Le WWF du patrimoine agricole et culinaire
Quand en 1989 l’Italien Carlo Petrini crée Slow Food avec quelques amis, il ne s’agit encore que d’une association de joyeux gourmets militant pour la sauvegarde de l’agriculture locale et des produits du terroir, mis à danger par la prolifération des produits agroalimentaires et des chaînes de fast food.
En 20 ans cette association est devenu un empire international, une sorte de WWF du patrimoine agricole et culinaire, présent dans 50 pays avec un millier d’associations locales et plus de 80 000 adhérents.
Défense de la biodiversité, éducation du goût et mise en relation des producteurs et des consommateurs, cette organisation « éco-gastronomique » dispose même d’une « arche du goût », un annuaire des aliments menacés dans le monde et que l’on peut sauver en les consommant (www.slowfood.fr ; www.slowfood.com ).
L’autre grande réussite de Carlo Petrini, c’est d’avoir cristallisé avec ces deux mots (slow et food) une tendance de fond à laquelle des milliers d’initiatives personnels peuvent se référer.
L’apologie de la lenteur
Nos choix alimentaires ont des répercutions dont il est parfois difficile de prendre conscience et de saisir l’ampleur. Car en cuisine tout est lié. Celui qui mange est relié à celui qui cuisine, celui qui cuisine à celui qui produit et ce que nous mangeons aux molécules qui nous constituent.
Et il n’y a pas d’activité humaine qui demande plus d’attention et de gestes que de faire les courses, cuisiner et manger. D’une certaine manière, nous devenons ce que nous mangeons. C’est sur toutes ces interactions que repose le succès et l’intérêt de la Slow Food.
Alors, imaginez ce que nous avons à gagner à prendre le temps de faire attentivement nos courses, prendre le temps de cuisiner avec amour et prendre le temps de déguster avec délectation.
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