Pourquoi est-ce si difficile d'orienter ses propres comportements alimentaires dans un sens reconnu bénéfique pour la santé ? Pourquoi est-ce que les gens semblent ne pas vouloir, ou ne pas pouvoir, faire des choix alimentaires sains ?
A priori, choisir entre différents aliments semble un acte volontaire ou une décision parfaitement consciente. Pourtant, nous savons bien qu'une décision d'évolution à ce niveau a beaucoup de mal à se transformer en véritable action. C'est ce que les psychologues appellent "le fossé intention-comportement".
Comme l'explique le Professeur Blundell de l'Université de Leeds au Royaume-Uni : "Nous pouvons tous prendre de bonnes résolutions, et ne pas réussir à les mettre ne pratique, tout en nous félicitant d'avoir des objectifs sensés. Une des raisons est que manger n'est pas une action aussi simple qu'il n'y paraît." L'acte de manger est constitué d'un ensemble de séquences comportementales qui, réunies, forment des habitudes alimenaires. Et il n'y a pas plus résistantes au changement que ces habitudes alimentaires !
Les psychologues en sont conscients : le meilleur facteur prédictif de notre comportement futur est notre comportement passé...
Or si nous aimons manger, c'est (aussi) pour le plaisir que cela nous procure. Pour certains même, ce plaisir sensoriel est un plaisir essentiel de leur vie, sinon le plaisir principal... Ce plaisir est donc vécu comme une récompense qui va justement ancrer un tel comportement. Vous m'avez compris, c'est le serpent qui se mord la queue, mon comportement alimentaire actuel me donne satisfaction, donc je le reproduis pour être de plus en plus imprégné de la satisfaction qu'il peut m'apporter... A cette réalité de chacun de nous va s'associer la publicité, le marketing qui vont valoriser certains comportements pour en exclure donc.
Comment donc briser ce cercle de nos habitudes alimentaires malsaines pour les transformer ? En nous concentrant et sur notre plaisir et sur notre désir à manger bien.
Manger autrement ne veut surtout pas dire manger triste, au contraire. Expérimentons des recettes, allons sur les blogs de cuisine, testons, amusons-nous, surprenons-nous, faisons de ce champ d'expériences différentes un champ d'expériences ludiques. Et gardons au congélateur au-cas-où un petit plat que l'on aime si celui que l'on a testé cette fois ne nous convaint pas du tout. Osons demander des conseils lorsque l'on est perplexe devant un aliment pour le moins étrange (et Dieu sait s'il y en a).
Enfin, devenons aussi les directeurs marketing de notre nouvelle alimentation : lisons des livres, des articles, allons sur les forums, essayons de comprendre les tenants et les aboutissants, les enjeux de notre manière de nous nourrir. Petit à petit, notre cuisine gagnera en évidence et en bonheur. Et, constatant avec le sourire que le contenu de nos placards a complètement changé, nous ne regretterons jamais la cuisine d'avant...
Ni même nos enfants. Car c'est aussi pour eux que l'on fait tout celà. En leur proposant le plus tôt possible une grande diversité de saveurs saines, ils seront d'autant plus exigeants et résistants (et surtout peu séduits) aux démons tentateurs de l'alimentation industrielle.
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