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Plus fort et plus courageux

«Vous pouvez penser que vous êtes plus en sécurité en restant ainsi et en maintenant un statu quo.

Pourtant, la sécurité ne vient qu’en prenant des risques, en vous ouvrant et en découvrant toujours plus ce que vous êtes. Certaines personnes ont découvert qu’en essayant de conserver un environnement sûr et en évitant de prendre des risques, elles étaient encore plus effrayées et leur insécurité grandissait.

La peur diminue lorsque vous lui faites face. Vous avez peut-être remarqué que lorsque vous innovez, vous vous sentez plus fort et plus courageux dans les autres domaines de votre vie.»


– Sanaya Roman, Choisir la joie
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» Bien-être - Santé - Dimanche, 13 Novembre 2011 21:43 Imprimer Par Karina Perez
Thierry Janssen est chirurgien et spécialiste du cancer de la prostate. En 1998, il naît une seconde fois en arrêtant la médecine. Il va alors s'intéresser à l'extraordinaire capacité de prévention et de guérison que nous possédons tous.  A travers des livres très documentés, il redonne l'espoir sans jamais céder aux raccourcis simplistes. Vivre le cancer du sein autrement (Robert Laffont, 2006), La solution intérieure (Fayard 2006) ou La maladie a-t-elle un sens ? (Fayard 2008) sont des succès de librairie.

Son dernier livre “Le défi positif” (Les Liens qui Libèrent, 2011) parle du bonheur et nous souhaite une "bonne vie" gage de bonne santé individuelle et collective.
S’il n’a pas encore écrit sur son cheminement personnel, sa biographie nous apprend qu’il s’est formé à l’hypnose, à la gestalt-thérapie et aux thérapies énergétiques. Thierry Jansen a également étudié les médecines orientales et pratique le yoga, le Qi Qong et la méditation. Il est aujourd’hui psychothérapeute spécialisé dans l’accompagnement des patients malades. Interview très positif.
 
Pourquoi les femmes ont-elles si peur du cancer du sein ?
Je crois qu’elles n’ont pas le choix et la question serait plutôt comment ne plus avoir peur du cancer du sein. Certaines refusent le dépistage par peur du diagnostic … D’autres refusent parce que c’est absurde de se faire dépister, impossible qu’il leur arrive quelque chose. Enfin, d’autres font ce choix en pleine conscience. Elles décident de vivre sans être dans une position de sécurité maximale. Et c’est dans cette attitude que se trouve la vraie question.
Pendant des siècles, nous avons présenté l’homme en dehors de la nature. Il devait se protéger d’elle et en même temps la comprendre dans les moindres détails. Le résultat ? Notre science analytique. A force de détailler la nature en petits morceaux, nous en perdons le sens !

Nous avons perdu le sens de la maladie ?

Si nous faisons aujourd’hui des diagnostics de plus en plus précis, nous avons aussi des traitements de plus en plus agressifs. Nous créons chaque jour une société qui produit d’avantage de moyens de protection dans une logique de sécurité maximale, en adéquation avec notre économie basée sur la consommation.
Nos gouvernements parlent de systèmes de santé mais en fait nous créons des systèmes de maladie. Il n’y a pas assez de place pour une véritable politique de prévention où le but premier serait de rester en bonne santé. Notre système favorise les occasions de se soigner. Or, il y a une autre option. Et certaines femmes ne veulent plus entrer dans ce système. “Oui, d’accord, je peux mourir mais après tout vivre c’est aussi accepter la mort” se disent-elles.
Je crois qu’il existe un vrai juste milieu entre vivre dans la peur permanente de la souffrance et le rejet des avancées scientifiques. Je rencontre des gens fascinants. Ils viennent me voir, complètement paniqués, parce que leur dosage PSA (marqueur du cancer de la prostate, note de la rédaction) n’est pas bon. Et en même temps, ils fument deux paquets de cigarettes par jour ! Certaines femmes à l'annonce du cancer du sein ne comprennent pas. Elles pensent qu’elles ont tout fait pour ne pas avoir la maladie alors qu’elles ne sont que dans le contrôle …
Nos politiciens utilisent le dépistage pour faire de la prévention, mais c’est complètement absurde … Notre système de maladie crée énormément de déséquilibre et il serait vraiment intéressant d’évaluer les risques de certaines attitudes … De chercher le sens et de voir les synergies existantes dans la survenue de la maladie. Nous savons que le cancer du sein est multifactoriel ; le biologique n’explique donc pas tout. Quel est ce déséquilibre qui crée des cellules pathogènes ?

Quels sens symboliques alors chercher ?

Au niveau personnel, la valeur que nous donnons à notre vie est essentielle dans notre état de santé. Laisser une partie de nous dans l’ombre, par peur, colère, tristesse, résignation … et notre énergie vitale est morcelée donc diminuée. Le cancer est la maladie la plus vivante qui existe. Elle prend la place de ce qui est mort en nous … Et pas la peine de cacher cela derrière une hyperactivité de façade !
Et c’est la même chose pour notre société de l’hypercroissance. Quand j’étais chirurgien, je travaillais avec un interne Camerounais qui était fils de guérisseur. Il voulait retourner dans son pays et concilier les deux formes de savoir. Un jour, alors que nous opérions un cancer, devant l’extraordinaire vitalité des cellules cancéreuses, il les compara à des cellules embryonnaires … Si personne ne les arrête, elles vont s’étendre jusqu’à occuper tout l’espace disponible et mourrir avec l’individu. C’est totalement absurde de croître jusqu'à disparaître :  l’être humain est avec la planète terre dans la même logique. Il essaie d’occuper tout l’espace possible … Nous pouvons nous demander : qu’est-ce qui est mort sur notre planète pour que l’être humain devienne le cancer de la terre ?

Mais le cancer a toujours existé ?
Nous avons des écrits datant de l’Egypte des pharaons qui en témoignent. Simplement le cancer n’a jamais pris de telles proportions. En particulier celui qui touche le sein. Avant, il concernait presque exclusivement les femmes dans la périménopause. Aujourd’hui, des femmes de 25 ans apprennent qu’elles ont un cancer parce qu’elles se font dépister.
Avant ces dépistages précoces, la mortalité n’était pas plus importante au final pour les femmes. Je suis convaincu qu’un certain nombre de cancers du sein disparaissent d’eux-mêmes par auto-guérison. La question à poser est donc : Quels sont les cancers qui peuvent se développer et pourquoi ? Ce qui est terrible pour notre société, c’est que cette question n’est pas posée.

Vous ne préconisez tout de même pas l’absence de dépistage ?

Ce que je préconise c’est une vraie prévention. Le dépistage ne nous met pas à l’abri de la maladie. Avec lui, tout va bien jusqu’à … ce que l’on trouve quelque chose. Or cela ne fait qu’entretenir un cycle anxieux.
Nous devons vivre dans la rationnalité sans nous laisser emporter par notre côté Faustien : la sécurité maximale n’existe pas ! Il faut évaluer correctement les risques sans être dans une névrose presque psychotique de peur.

L’optimisme peut nous aider à ne pas tomber malade?

Oui car il n’est pas réservé, comme nous le croyons trop souvent, à des gens qui seraient naïfs. Il existe des femmes qui sont loin de nier la réalité … Elle ne sont pas dans la pensée magique où l’absence de dépistage les protège (ce qui revient à nier la possibilité du cancer  et leurs propres corps). D’autres vont accepter le calendrier du dépistage en stressant tellement, qu’elles vont peut-être se faire plus de mal que de bien !
La femme optimiste se dit : “OK, je sais qu’une femme sur huit va développer un cancer du sein mais je ne vais pas me laisser emporter par la peur. Je suis hypervivante. Il n’y a aucune partie de moi qui est morte. Je suis enthousiaste, créative et je fais les bons gestes pour être bien et en forme. Je connais mes principes de vie et je suis en permanence connectée à eux. Je suis dans le mouvement de la vie et je donne le meilleur de moi-même en lien avec les autres !” Le bonheur ainsi atteint, participe à la bonne santé individuelle et collective.

Face au discours ambiant, ce n’est pas évident de résister à l’engrenage anxieux ...
Oui mais il ne faut pas rester en constat d’échec ! Il est impératif de changer sa façon de penser … De créer de l’espace intérieur pour être plus fort face aux discours culpabilisants. Il faut absolument prendre du recul par rapport au dépistage utilisé de manière consumériste. La méditation en pleine conscience, la sophrologie, le Tai Chi, le Qi Qong, le yoga … Tous ces exercices vont aider les femmes (et les hommes dans le cas de la prostate) à faire leur déclaration d’indépendance pour vivre dans le moment présent. Le but ? Le droit au bonheur sans condition !

Retrouvez Thierry Janssen en conférence le Défi positif

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